Opinon amazigh n°18

Publié le par lieutenantrahmani

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, article 19)

 

Opinion Amazigh, « l’homme libre » …N° 18

de Abdelkader Rahmani, le 14  mars 2012

 

Amazigh : L’homme Libre.  « La terre n’est qu’un seul pays dont tous les hommes sont les citoyens, un seul village à la suite des découvertes scientifiques et de l’interdépendance indéniable des nations. On peut aimer tous les peuples du monde tout en aimant son propre pays. » A.Rahmani

 

 

Aux fadaises et platitudes de mots qui ne conviennent pas à la belle langue française que j’aime, j’ai le devoir de m’en mêler. Je présente mes excuses aux lecteurs et à mes relations, dignes d’êtres des hommes de toutes origines, du vocabulaire que je suis dans l’obligation d’utiliser. Mes carrières militaire et civile, m’ont appris à utiliser une pédagogie variable en fonction des circonstances politiques, sociales ou économiques. Selon le niveau d’ignorance, d’éducation, du parler des citoyens il faut écrire et parler à leur niveau pour les informer avec vérité oblige.

 

Campagne présidentielle descendue

au niveau du halal musulman !

 

Madame « Halal Marinade Eliot-Le Pen » a découvert le « halal » objectif prioritaire pour sa campagne présidentielle, repris par toute la droite.

 

Ah, que de souvenirs me reviennent sur ces égorgements non plus de moutons mais d’êtres humains durant la guerre d’Algérie. Son père, Jean-Marie, et moi nous nous connaissons très bien. Son commando pro-nazi à tenté de m’égorger rue du Bac à Paris, alors que je sortais des prisons de Fresnes pour m’être opposé à la guerre d’Algérie. (Affaire des Officiers Algériens.)

 

Le Lieutenant de réserve Jean-Marie Le Pen avec le Lieutenant Paul Aussaresses, qui sera promu Général, et tant d’autres, étaient spécialistes de la torture à la Casbah et à la belle villa Susini. La gégène, la baignoire, les coups de poings et coups de pieds aux couilles, les poignards des parachutistes lacérant le cou et le corps des torturés, accompagnés d’une belle musique classique à la villa Susini, régalaient ces bons républicains des trois glorieuses,

Liberté ! Égalité ! Fraternité !

 

Ces bons démocrates de la torture n’ont subi aucune condamnation sauf celle de monter en grade, alors que m’élevant contre ces crimes, j’ai été payé par des rétrogradations, des prisons, des arrêts de forteresse, des résidences surveillées…

 

Son père s’est bien régalé du halal en Algérie, au Maroc, et même chez Bongo au Gabon, où il se rendait chaque année pour percevoir du président gabonais l’argent de ses campagnes électorales racistes. Aujourd’hui Marrakech (Maroc) et le Doha (Quatar) sont les lieux privilégiés où les riches « héxacons politiques » entretiennent des villas luxueuses, où le halal marinade au couscous et tajine est dévoré en plein bonheur sans ségrégation…

 

Faudra-t-il maintenant que je vote « Halal Marinade » pour agrémenter mon prochain couscous?

 

Je mets à profit cette lettre pour « exiger » comme l’exige pour Assad le syrien criminel, l’ex-casier judiciaire Alain Juppé ministre des affaires aussi étrangères que les siennes de faire enfin passer en Haute-Cour la clique Le Pen, Aussaresses, et d’autres égorgeurs encore vivants. La France a massacré, torturé, égorgé, enfumé, shohatisé. Il est nécessaire de le rappeler à ces bons, vertueux, civilisés français à mémoire courte, ou refoulée, ou blanchie par une ignorance empruntée et mensongère.

 

« Quand le vase est trop plein, il faut qu’il déborde. »

 

Le bal du halal est ouvert!

 

De Guéant, ministre géant de sa vanité, la Fontaine dirait ; « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. » Le 2 mars en Meurthe-et-Moselle il s’est fait le ténor de Marinade Halal. : « Nous ne voulons pas que les conseillers municipaux étrangers rendent obligatoire la présence de viande halal dans les repas des cantines. » Sa lâcheté et soumission à Israël n’a pas assimilé le Casher et le Halal. Se souvient-il du triangle Liberté, Egalité, Fraternité ?

 

Propos repris par « tête en l’air » François Fillon, 1er ministre des couillons qui eût l’obligation de se coucher à terre pour avoir le pardon du président du CRIF. Ce qui me rappelle les ordres du Lt Colonel de Montagnac à ses soldats en Algérie : « Anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. » Lettre d’un soldat, mars 1843, édition Plon 1885.

 

« On court le risque du dégout en voyant comment l’administration, la justice

 et la cuisine se préparent. » Chamfort, 1795.

 

Le colonialisme perdu en Algérie continue en France. Le fameux Code Indigène que j’ai supporté toute ma vie, même en tant que citoyen français par décret de de Gaulle en 1944, rayonne toujours dans les esprits des politiques, des médias, des administrations et des masses.

 

Dans son dernier discours le « petrominet » Nicolas « Sarkoz » président des héxacons, prend l’engagement de limiter les droits d’entrées des immigrés et étrangers en France.

 

Principale raison ; Eviter aux français de manger Halal ! Certainement impropre à la belle cuisine française, pas comme l’égorgement casher, identique au halal, mais propres à ses origines juives, grecques et hongroises. Ne voulant accepter d’immigrés en France, il devrait avoir la dignité de donner l’exemple en rejoignant son pays d’origine.

 

Pour la dette française, il aurait dû depuis longtemps donner 50% des millions d’euros annuels qu’il perçoit et gaspille, aux plus de 8 millions de crèves-faim français.

 

Pourquoi ne pas citer le vicomte François de Châteaubriant (1768-1848) dans « Le génie du christianisme » sur les français : « […]grossiers et sauvages dans les troubles politiques, flottants comme des vaisseaux sans lest au gré des passions […] vains, railleurs ambitieux à la fois routiniers et novateurs, méprisant tout ce qui n’est pas eux. Individuellement les plus aimables des hommes, en corps les plus désagréables de tous, charmants dans leur propre pays, insupportables chez les étrangers » Il y a presque deux siècles passés, c’est toujours valable, à croire que le Français est une Statue !

 

Retrospective télévisuelle sur la Guerre d’Algérie.

 

Dimanche 11 mars 2012 sur France 2

 

Un documentaire : « Guerre d’Alger, la déchirure », suivi d’un débat mené par David Pujadas.

Réalisateur : Gabriel Bomin, « inconnu à mon bataillon. »

Auteur : l’ineffable historien Benjamin Stora, né l’année même du déclenchement de la guerre d’Algérie.1954.

 

Cet auto-spécialiste de la guerre d’Algérie n’arrive pas à tirer le store sur cette guerre qu’il n’a pas connue. Il en fait son fond de commerce. Sa corpulence atteste les revenus qu’il en tire.

 

Plusieurs livres sous le même titre c’est trop pour cette guerre qui ne finit pas de rester sous l’ombrage du secret et des mensonges au profit d’anciens colons et d’une France qui ne baisse pas pavillon devant la réalité.

 

Le document n’apporte rien de nouveau sur une dramatique « pacification. » Sa vérité y est bien lointaine.

 

Le débat qui s’en suivit ? Vide. Plat.

 

Un seul ancien FLN, avocat, face à une femme prise dans un attentat FLN, polarisant la guerre sur elle-même. Face à un « historien » au nom corse, hautain aux propos de l’algérien, affirmant ne reconnaitre aucune raison ou justification à la guerre déclenchée par le FLN. Face à un prêtre ouvrier étrangement costumé, doigts bagués coloriés. Il fut cependant le seul à dénoncer la pratique des tortures, l’emploi de la « gégène, » sans écho des autres invités. Face à une fille de Harki, professeur qui accuse le FLN d’avoir massacré les harkis. Pas un mot sur la France criminelle qui les a abandonnés à la vengeance populaire excitée par des membres aigris du FLN, sans l’accord de celui-ci.

 

Le lundi 12 mars sur ARTE

 

« La bataille d’Alger. » Film italo-algérien de Gilles Pontecorvo 1965. Lion d’Or à Venise en 1966. Censuré en France. Ce film avait une autre consistance… Les atrocités perpétrées à la casbah d’Alger, si réalistes, on en frémit à les regarder.

 

« Calendrier des crimes de la France d’Outre-mer »

 

Le hasard fait bien les choses, je viens de tomber sur une publication de Jacques Morel, du 14 avril 2005, concernant le halal français sur des personnes humaines en Algérie et en Afrique. Je me permets de citer ici certains extraits. De plus longs passages feront l’objet d’une prochaine « Fiche de Lecture » de l’Université de l’Ignorance, où les « Ignorants » (que nous sommes tous)  pourront lire ce calendrier qui fait partie de l’histoire de France.

 

J’honore ce travail de monsieur Jacques Morel, bien présenté, bien conçu, précis.

 

            « Pourquoi ce calendrier ? L’idée d’un calendrier des crimes coloniaux de la France est née lors d’une discussion à l’assemblée générale de l’association « Survie » au printemps 1997. Le besoin de remémorer ces faits peu honorables pour une conscience française est apparu en 1994. Nombres de membres de cette association, ont été indignés de découvrir que la France s’était rendue complice des organisateurs du génocide… » Jacques Morel.

 

24 mai 1960 : Les forces de l'ordre égorgent les prisonniers (Algérie)

 

Benoist Rey, soldat appelé, infirmier à Texenna à 30 km au Sud de Djidjelli (Nord Constantinois), après que son commando de chasse ait été pris dans une embuscade, rapporte : « Nous faisons, quelques jours après notre embuscade, une opération punitive. Nous emmenons trois prisonniers, dont un que j'ai soigné. Je n'ose les regarder, car je sais qu'ils sont condamnés. Nous restons en embuscade toute une longue matinée et, au plus chaud de l'après-midi, le lieutenant R... commandant en second, fait un signe au caporal-chef B..., un Corse militaire de carrière, un véritable tueur, sadique, « spécialiste » de l'égorgement. Les prisonniers ont les mains liées dans le dos. Le caporal-chef B... prend le premier, l'assomme d'un coup de bâton et l'égorge. Il en fait de même avec le deuxième. Le troisième, qui doit avoir dix-huit ans à peine, a compris. Au lieu d'essayer de se défendre, il tend la gorge au bourreau, lequel n'hésite pas et l'égorge avec la même sauvagerie. On met ensuite sur chaque corps à la gorge béante, ou déjà sont les mouches, un écriteau : « Tel est le sort réservé aux rebelles. Le lendemain, le lieutenant R... assistera à la messe. Il a un crucifix au-dessus de son lit. »

 

14 juillet 1904 : La cartouche sanglante du 14 juillet à Fort-Crampel (Oubangui-Chari)

 

A Fort-Crampel (Oubangui-Chari maintenant République Centrafricaine), le commis aux affaires indigènes de première classe, Léopold Gaud et son collègue Georges Toqué, administrateur de 3ème  classe, sont des tortionnaires de la pire espèce. Dans les registres où Toqué note ses décisions, les mots « à fusiller »  reviennent fréquemment. Gaud ordonne de cuire une femme vivante dans un four.

 

9 mai 1945 : Répression de l'insurrection de Sétif et Guelma (Algérie)

 

Un témoin déclare à Henri Alleg : « Les légionnaires prenaient les nourrissons par les pieds, les faisaient tournoyer et les jetaient contre les parois de pierre ou leurs chairs s'éparpillaient sur les rochers. »

« [A Kef-El-Boumba] J'ai vu des Français faire descendre d'un camion cinq personnes les mains ligotées, les mettre sur la route, les arroser d'essence avant de les brûler vivants. Une commission d'enquête fut instituée. Mais les assassins pour masquer leur crime, en commirent de plus horribles. Ils prirent en effet les cadavres et les jetèrent dans des fours à chaux. L'opération dura une semaine complète. »

 

« Le peuple fut massacré sans sommation et sans pitié..., les gorges de Kherrata s'emplissaient de cadavres. Des gens étaient balancés morts ou vifs dans des crevasses profondes... » La Légion Etrangère grave en face du premier tunnel dans les grottes : « Légion  étrangère : 1945 » Cette inscription rappelle l'horreur de la répression. Les prisonniers étaient égorgés et jetés dans le ravin à partir du pont qui porte le nom de Hanouz, assassiné à cet endroit avec ses trois enfants.

 

8 décembre 1952 : Répression des manifestations de Casablanca (Maroc)

 

 

13 janvier 1955 : Claude Bourdet : « Votre Gestapo d'Algérie. »

 

Dans un article, « Votre Gestapo d'Algérie », du 13 janvier 1955, Claude Bourdet écrit : « Le supplice de la baignoire, le gonflage à l'eau par l'anus, le courant électrique sur les muqueuses, les aisselles ou la colonne vertébrale, sont les procédés préférés, car "bien appliqués" ils ne laissent pas de traces visibles. Le supplice de la faim est également constant. Mais l'empalement sur une bouteille ou un bâton, les coups de poing, de pied, de nerf de bœuf ne sont pas non plus épargnés. Tout ceci explique que les tortionnaires ne remettent les prisonniers au juge que cinq à dix jours après leur arrestation ... Une fois que les Gestapistes ont dicté et fait signer à leurs victimes à demi-mortes "l'aveu" qu'il leur plaît d'attribuer, le reste du séjour à la police sert à remettre le prisonnier en état, au besoin à le soigner (mais oui !) afin qu'il soit présentable lorsqu'on le mène au juge… »

 

Suite à l'émoi suscité dans la presse par de telles allégations, le ministre de l'intérieur, François Mitterrand, ordonna une enquête qui fut confiée à M. Roger Wuillaume et adressée au gouverneur général Soustelle. Le rapport, daté du 2 mars 1955, reconnaît que les « sévices » « furent utilisés dans de nombreux cas » sont « de pratique ancienne », mais qu'ils donnent des résultats indiscutables. Les procédés classiques d'interrogatoire prolongé, de privation de boisson et de nourriture « ne seraient pas d'une grande efficacité dans ces pays où les individus présentent une résistance extraordinaire aux épreuves de toute nature. Par contre, les procédés du tuyau d'eau et de l'électricité, lorsqu'ils sont utilisés avec précaution, produiraient un choc, au demeurant beaucoup plus psychologique que physique, et par conséquent exclusifs de toute cruauté excessive. »

 

20 août 1955 : Exécutions sommaires à El-Halia (Algérie)

 

Paul Aussaresses, ancien résistant, fondateur du service Action du SDECE, vieil ami de Jacques Foccart, est affecté comme officier de renseignement au 1er RCP à Philippeville. En relation avec la police locale et utilisant des méthodes « spéciales », il apprend qu'une attaque est organisée par Zighoud Youssef. Les rebelles et gens des campagnes qui surgissent le 20 août vers midi dans Philipeville, faiblement armés, et accompagnés de femmes et enfants sont massacrés à l'arme automatique. L'armée déplore deux tués les algériens cent trente quatre, d'aprés Aussaresses. Selon Yves Courrière l'armée perd 12 soldats. Des civils européens sont tués.

 

J'ai appelé Issolah : « Emmène-le, il faut l'exécuter immédiatement ! Pour les autres va me chercher Bébé.[...] Bébé c'était un adjudant de la Résistance.[...]

Aussaresses dit à Bébé : « Aujourd'hui, j'ai un travail pour vous. Allez chercher tous vos hommes avec leur PM et tous les chargeurs pleins que vous pourrez trouver. »

-« J'ai fait aligner les prisonniers, aussi bien les « fels » que les ouvriers musulmans qui les avaient aidés. Au moment d'ordonner le feu, Bébé était nettement moins chaud.[...] J'ai été obligé de passer les ordres moi-même. J'étais indifférent : il fallait tuer, c'est tout, et je l'ai fait. »

 

Nous avons feint d'abandonner la mine.[...] Quelques jours plus tard, comme on pouvait s'y attendre, les fellaghas sont revenus. Une fois prévenus par nos guetteurs, nous y sommes montés avec le premier bataillon. Nous avons fait une centaine de prisonniers qui ont été abattus sur le champ. Il y a eu d'autres exécutions sur mon ordre après la bataille de Philippeville. Nous avions capturé environ mille cinq cents hommes.[...]

 

 

 

26 octobre 1956 : La paix des Nementchas : Les blessés sont égorgés au couteau de cuisine (Algérie)

 

Robert Bonnaud, historien, appelé en Algérie, participe le 25 octobre à une opération contre des fellaghas au djebel Bou-Kammech, massif des Nementchas au sud de Chéria (Sud Ouest de Tébessa).

 

L'aviation bombarde les rebelles. Le lendemain l'ordre est donné d'entreprendre le « nettoyage. »

« Les blessés qui n'avaient pu fuir étaient souvent atteints aux jambes, récupérables donc, malgré les pertes de sang et le froid nocturne qui bleuissait leurs chairs. Ils furent massacrés, dans des conditions odieuses qui dépassent une imagination normale mais non la réalité algérienne.

Les cadres européens du G.M.P.R. (Groupe Mobile de Protection Rurale), qui dirigeaient le nettoyage, se distinguèrent particulièrement. Ils s'acharnèrent à coups de pieds sur les blessures, et le malheureux suffoquait de douleur. Ils plaisantaient abominablement pendant la prise de photographie « Allons, fais-toi beau, souris au petit oiseau, fais-nous plaisir » redoublaient de brutalité sous prétexte d'interrogatoire.

 

(NDLR : Pratiques criminelles toujours d’actualité, il suffit de se remémorer les images barbares de la soldate américaine torturant les prisonniers dans la prison d’Abou Graïb (Irak), ou des soldats de l’Otan se faisant prendre en photo en pissant sur les cadavres de civils afghans.)

 

Finalement, sortant le couteau de cuisine, ils l'aiguisaient longuement sur le roc, aux yeux du condamné. L'exécution était maladroite et lente, charcutait le cou et évitait la carotide. Mais les mots historiques, prudhommesques, ne manquaient pas après l'égorgement « Encore un qui est mort comme il a vécu... »

 

Comble de précaution, une balle de Mas 36, à bout portant, écrabouillait le visage, le transformait en une chose immonde, qui n'a pas de nom dans le langage de l'horreur...

 

14 mars 1957 : Asphyxiés dans un chai à vin

 

Dans la nuit du 14 au 15 mars 1957, à Aïn Isser, en Oranie, le lieutenant Curutchet, du 7ème régiment d'infanterie, enferme cent un suspects dans des chais à vin. Le lendemain, quarante et un hommes sont morts asphyxiés. Le lieutenant Curutchet est inculpé, mais acquitté, donc en définitive couvert.

 

Robert Delavignette, membre de la « Commission de sauvegarde des droits et libertés individuels » rapporte des faits analogues dans une cave à vin à Mercier-Lacombe le 16 avril 1957, où vingt trois suspects sont asphyxiés par le gaz sulfureux (SO2), 16 F.M.A (Français Musulmans d'Algérie) décèdent et le 27 juin 1957, dans une cuve à vin à Mouzaiaville, vingt et un suspects sont asphyxiés.

Ces « erreurs » de « cadres inexpérimentés » ne sont pas sans rappeler les « enfumades » pratiquées par les colonnes du général Bugeaud.

 

Sources : Pierre Vidal-Naquet, La torture dans la République, Paris, 1972, Maspéro, page 52 ; Pierre

Vidal-Naquet, Les crimes de l'armée française, Algérie 1954-1962, La Découverte, 1975, réédition 2001, p. 100-106 ; Pierre Vidal-Naquet, La Raison d' Etat, Les Editions de minuit, 1962, la Découverte, 2002, p. 180-187.

 

17 octobre 1961 : Massacre des algériens par la police parisienne sous les ordres de Papon (Algérie)

 

Le soir du 17 octobre 1961 le FLN organise dans Paris une manifestation pour protester contre le couvre-feu imposé aux Algériens dans la capitale. Environ 30 000 Algériens convergent des banlieues vers le centre. Le rassemblement est pacifique. Par contre beaucoup de policiers sont « chauffés à blanc » par, la mort de collègues tombés sous les balles du FLN. Un bon nombre viennent d'Algérie et ont fait usage de certaines méthodes. Leur chef, Maurice Papon, préfet de police, s'est également illustré en Algérie, en 1956, entre autres, comme préfet de Constantine.

La police a prétendu que des coups de feu avaient été tirés contre elle. En fait les Algériens sont totalement non violents. Ils sont cueillis au faciès dés leur sortie des bouches de métro. Coups de crosse, usage des armes, le sang coule en plein Paris, des corps sont jetés dans la Seine. La hiérarchie policière laisse faire, le gouvernement et Charles de Gaulle à l'Elysée également. 11 538 Algériens, selon la préfecture de police sont « interpellés », rassemblés dans la cour de la Préfecture de Police, puis incarcérés au Palais des sports, au stade de Coubertin et à Vincennes. Le bilan officiel fait état de trois morts. L'affaire est enterrée. L'atmosphère en France est telle que les Algériens se taisent, les blessés ne vont pas se faire soigner dans les hôpitaux. […] il y aurait eu entre 200 et 300 morts.

 

25 octobre 1961 : Chant du déshonneur (Algérie)

 

Benoist Rey, soldat appelé, infirmier dans un commando de chasse dans la région de Djidjelli (Nord Constantinois) écrit ceci :

 

Je n'oublierai jamais l'écartèlement algérien, aux quatre vents de l'agonie.

Ni les enfants, dans les ruines, cherchant qui pleurer.

Ni les hommes, fusillés à l'aube, égorgés la nuit, entre les murs de la honte.

Ni les femmes violentées.

Ni le hideux sourire du suborneur, mon camarade.

Je n'oublierai jamais les incendies dans la montagne, les agneaux éventrés, au hasard de la cruauté,

Ni les pistes de haine, les cortèges de douleur.

Ni le regard faux des chefs, ordonnateurs de massacres,

Ni leur rire devant la torture, la bastonnade, la mutilation.

Dépassant l'arbitraire et l'absurde, je n'oublierai jamais ce que fut notre guerre, la guerre de nos vingt ans.

Faire la guerre, c'est être moins qu'un homme et bien plus qu'un salaud.

 

Commentaires : Le jour du mois, le 25 est arbitraire.

Sources : Vérité Liberté n] 12, octobre 1961 ; reproduit dans Benoist Rey Les égorgeurs, Editions Los Solidarios, Le Monde Libertaire, 145 rue Amelot, 75011 Paris, 1999, p. 105.

 

24 janvier 1845 : Bugeaud : « Je brûlerai vos villages et vos moissons » (Algérie)

 

La conquête de l'Algérie fut une guerre atroce. Ainsi en témoigne les lettres de Saint-Arnaud qui devait devenir maréchal de France : « Nous resterons jusqu'à la fin de juin à nous battre dans la province d'Oran, et à y ruiner toutes les villes, toutes les possessions de l'émir. Partout, il trouvera l'armée française, la flamme à la main. » (Mai 1841)

 

« Mascara, ainsi que je te l'ai déjà dit, a dû être une ville belle et importante. Brûlée en partie et saccagée par le maréchal Clauzel en 1855. »

 

« Nous sommes dans le centre des montagnes entre Miliana et Cherchell. Nous tirons peu de coups de fusil, nous brûlons tous les douars, tous les villages, toutes les cahutes. L'ennemi fuit partout en emmenant ses troupeaux. »

 

« Entouré d'un horizon de flammes et de fumée qui me rappelle un petit Palatinat en miniature, je pense à vous tous et je t'écris. Tu m'as laissé chez les Brazes, je les ai brûlés et dévastés. Me voici chez les Sindgads, même répétition en grand, c'est un vrai grenier d'abondance... Quelques-uns sont venus pour m'amener le cheval de soumission. Je l'ai refusé parce que je voulais une soumission générale, et j'ai commencé à brûler. » (Ouarsenis, octobre 1842).

 

« Des tas de cadavres pressés les uns contre les autres et morts gelés pendant la nuit ! C'était la malheureuse population des Beni-Naâsseur, c'étaient ceux dont je brûlais les villages, les gourbis et que je chassais devant moi. » (Région de Miliana, 1843)

 

« J'ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés. » (Petite Kabylie, mai 1851)

 

Bugeaud déclare dans un discours à la Chambre le 24 janvier 1845 : « J'entrerai dans vos montagnes ; je brûlerai vos villages et vos moissons ; je couperai vos arbres fruitiers, et alors ne vous en prenez qu'à vous seuls. »

 

15 juillet 1099 : Sac de Jérusalem par les Croisades (Palestine)

 

A la suite de l'invasion de l'Asie Mineure par les Turcs seldjoukides aux dépends de l'Empire byzantin et de la prise de Jérusalem (1077), le pape Urbain II appelle à la Croisade au concile de Clermont en 1095. La Croisade en Terre Sainte assurait à celui qui partait le pardon de ses péchés, donc le salut éternel.

 

Les Croisades assiègent Antioche durant plus de six mois. Ils ont beaucoup de pertes. Ils souffrent de la faim et de la soif. Ils se livrent à des exactions : « A Maara, les nôtres faisaient bouillir les païens adultes dans les marmites, ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés » écrit Raoul de Caen. Et l'Anonyme : « D'autres découpaient la chair des cadavres en morceaux et les faisaient cuire pour les manger. » Pour les Turcs, les Francs resteront des anthropophages.

 

« Certains de nos hommes (et c'était miséricorde) coupaient la tête de leurs ennemis ; d'autres leur décochaient des flèches, les faisant tomber des tours ; d'autres encore prolongeaient leurs tortures en les livrant à la flamme. On pouvait voir dans les rues de la ville des monceaux de têtes, de mains et de pieds. Il fallait se faire un chemin à travers les cadavres d'hommes et de chevaux. Mais c'était là peu de choses comparé à ce qui arriva près du temple de Salomon ... Si je dis la vérité [sur ce qui s'y passa], elle dépassera ce qu'il vous est possible de croire. Qu'il me suffise donc de dire ... que les hommes chevauchaient dans le sang, qui leur montait aux genoux et à la bride. » Quarante mille personnes soit la quasi-totalité de la population, femmes et enfants compris, sont exterminés en deux jours les 15 et 16 juillet. Les Juifs de Jérusalem sont autant victimes des exactions des Croisés que les Musulmans : toute la communauté juive de Jérusalem périt dans les flammes de la synagogue. Dans la vallée du Rhin ils avaient déjà été la cible de l'ardeur sacrée des pèlerins.

 

Sources : Amin Maalouf, Les croisades vues par les arabes, J.C. Lattès, 1983 ; Zoè Oldenburg Les Croisades, Gallimard, 1965 ; Jonathan Riley-Smith, Les Croisades, Pygmalion, 1990 ; Arno Mayer, La "solutionnale" dans l'histoire, La Découverte, 1990, page 43-49.

 

 

 

 

Blague belge :

 

  « The Artist » Le film muet rafle 10 nominations aux Oscars, une première pour un film français ! Comme quoi, quand les français ferment leur gueule,

 tout le monde les apprécie ! »

 

Publié dans Lieutenant Rahmani

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