Opinion Amazigh, « l’homme libre » …N° 10

Publié le par lieutenantrahmani

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, article 19)

 

Opinion Amazigh, « l’homme libre » …N° 10

de Abdelkader Rahmani, le 14 août 2011

 

Amazigh : L’homme Libre.  « La terre n’est qu’un seul pays dont tous les hommes sont les citoyens, un seul village à la suite des découvertes scientifiques et de l’interdépendance indéniable des nations. On peut aimer tous les peuples du monde tout en aimant son propre pays. » A.Rahmani

 

Lettre ouverte aux syndicats paysans

et aux paysans.

 

J’ai 88 ans, fait des guerres inimaginables en croyant à la paix et la justice pour tous, sauf pour moi l’Indigène. J’ai des pommiers, des cerisiers et des pruniers chez moi, ce n’est nullement pour moi que je parle.

 

Rarement les français me mettent autant en colère que lorsque je vous vois broyer, brûler, piétiner fruits et légumes par centaines de tonnes. Devant ces images,   vous me dégoutez et je pleure mes compagnons morts au combat pour « ça. » Nous avons eu faim et soif dans nos tranchées pour libérer la France et vos terres. Comprenez-vous ?

 

Quelle que soit la légitimité de vos hystéries vous ne valez rien à l’instant où vous détruisez une seule tomate, une seule pomme. Vous ne servez pas votre cause, j’appelle à vous boycotter tant que vous continuerez le carnage et le mépris des autres. Mépris de vos confrères espagnols, mépris des pauvres, mépris des affamés qui vous regardent aux informations les yeux mouillés de ne pas avoir offert un fruit à leurs enfants aujourd’hui. Parce que c’est trop cher.

 

Pourquoi n’allez-vous pas déverser vos cargaisons dans les quartiers pauvres ? Pour qu’ils cessent d’aller acheter vos fruits et légumes 10 fois le prix dans les supermarchés. Savez-vous qu’ils vont dans les poubelles pour se nourrir des invendus ? Vous voulez que l’Etat, c'est-à-dire moi, soit solidaire de votre détresse, et vous, l’êtes-vous de celle des affamés ?

 

J’imagine les difficultés des petites exploitations dans une société ultra-capitaliste comme la nôtre, je vous crois lorsque vous criez à l’impasse, mais alors retournez-vous contre les ministères et les bureaucrates qui ont créé les impasses, éjectez-les de leurs bureaux si vous voulez, mais n’écrasez pas une seule tomate. Si ce sont les lois qui font défaut, adressez-vous fermement à ceux qui font les lois. C’est nous qui les payons par nos charges et nos impôts. Ne détruisez pas votre travail, c’est une question de civilisation. Pourtant aujourd’hui, entre vos destructions et celles des voyous de Londres, je ne fais pas la différence.

 

Au contraire au lieu de perdre vôtre âme en détruisant de la nourriture, allez absolument distribuer gratuitement vos surplus aux nécessiteux des « quartiers », cassez le monopole de la distribution des grandes surfaces, recréez des réseaux et des marchés de proximité en vente directe, en échange, troc, « économie franche » et distribution gratuite. Vendez directement. « On » vous fait la guerre, faites la guerre, votre arme étant la proximité.

 

Faites une expérience. Choisissez un des plus grands hypermarchés de France et arrosez gratuitement sa clientèle de vos surplus. Ses ventes fruits et légumes s’effondreront, et sa marge sera atteinte gravement. Ils seront « mûrs » pour renégocier. Et vous aurez nourri les français les plus nécessiteux au lieu de les torturer par vos destructions.

 

Bureaucrates et grande distribution vous font la guerre, ne vous suicidez pas en détruisant votre travail, faites leur la guerre. Allez distribuer gratuitement vos pommes en banlieue, et les habitants boycotteront qui vous leur demanderez de boycotter, et ils vous accompagneront volontiers au ministère de l’Agriculture avec des fourches! Moi aussi je viendrai ! Vous voulez que nous soyons solidaires ? Soyez-le !

 

Je vous le dis une dernière fois, cessez immédiatement la destruction de nourriture, ne changez rien à vos récriminations, mais tournez votre colère vers les vrais responsables et non, encore une fois, contre les pauvres qui vous regardent impuissants, les larmes aux yeux et la rage au ventre…contre vous !

 

Lieutenant Rahmani et Vincent Després.

Université de l’Ignorance le 13 août 2011

Publié dans Lieutenant Rahmani

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