Introduction à la Civilisation Musulmane. Partie 3

Publié le par lieutenantrahmani

12ème siècle : première moitié

 

 1121. en Afrique du Nord, sous le commandement d’Ibn Tumart (m. 1130), début du mouvement des Muwahhidûn (les Almohades) contre la dynastie régnante des Almoravides.

 

1147. 'Abd A1-Mu'min (m. 1163), successeur d'Ibn Tumart, détruit la puissance Almoravide et se proclame Calife après les conquêtes de Fès en 1146 et de Marrakech en 1147 Plus tard, il unifie l'Afrique du Nord et l'Andalousie.

 

Après 436 ans de domination musulmane, Lisbonne passe sous le contrôle d'Alphonse I (m. 1185) du Portugal.

 

1147-1269. Règne de la Dynastie Almohade sur le Maghreb et l'Andalousie.

 

1148. Lors des Croisades, l'armée chrétienne est battue à Damas.

 

Les Acteurs

Théologie et jurisprudence

 

* Au début de ce siècle, Ibn Tumart (m.  1130) traduit le Coran en langue berbère. C'est la première fois que l'on essaye de traduire la totalité du Coran en une autre langue. Il est le fondateur de la Dynastie Berbère Almohade (A1-Muwahhidûn), qui a gouverné le Maghreb et l’Espagne.

 

Science et technologie

 

Umar Khayyâm de Nishapur en Perse (m. entre 1122 et 1132), dont le nom complet est Ghiyâsuddîn Abu A1-Fath Ibn Ibrâhîm Al-Khayyâm. Bien qu'il soit mondialement connu en tant que philosophe et poète grâce à ses Rub'iyyât (Quatrains), il fut également grand mathématicien et astronome. Il a écrit un commentaire sur les travaux d'Euclide, a classé les équations du second et du troisième degré selon le nombre de termes, a donné des solutions géométriques aux équations du troisième degré et a résolu le problème général de détermination des racines. Il a joué un rôle majeur dans la réforme du calendrier, dont on dit qu'elle fut plus précise que la réforme grégorienne. Dans ce domaine, ses travaux importants restent Mushkilât al-Hisâb (Les Difficultés de l'Arithmétique) et Muçâdirât (Les Postulats).

 

* L'astronome andalou Ibn Mas'ûd de Séville, auteur d'un traité sur la trigonométrie.

 

* Le mathématicien et astronome andalou Jâbir Ibn Aflah de Séville (m.-1160), qui s'est distingué en trigonométrie. Son œuvre «Le Livre d'Astronomie » est aussi connue sous le nom de Islâh al-Majistî (Correction de l'Almageste). Son nom en latin est également Geber, mais il ne doit pas être confondu avec le Geber original, Jâbir Ibn Hayyân, l'alchimiste du 8ème siècle.

 

* L'astronome et physicien Abû Al-Fath Al-Khâzinî (m.1121). Originellement esclave grec, son maître lui donna une éducation scientifique à Merv. Il est l'auteur du Kitâb Mîzân al-Hjkma (Le Livre de la Mesure) dans lequel il traite de mécanique, d'hydrostatique, de la densité et de la masse volumique de certains corps, de la théorie de la gravité, du levier, de la balance et des méthodes pour mesurer le temps.

 

* Le mathématicien et géographe Abu Bakr Al-Kharaqî (m. 1138).

 

* Le grand géographe andalou Abu 'Abd Allâh Muhammad Al-Idrisi de Ceuta (m. 1166) qui a développé la cartographie mathématique. La carte du monde qu'il dessina est considérée comme une merveille pour son époque. Sur une carte, il a montré que les lacs de Centre Afrique constituaient la source du Nil, ce qui ne fut découvert par les Européens qu'au 19ème siècle! Cela prouve également que la connaissance des Arabes sur l'Afrique était beaucoup plus avancée qu'on ne le prétend.

 

* L'ingénieur mécanicien Badî' Az-Zamân Asturlâbî. On lui donna ce surnom car il était réputé pour la fabrication des astrolabes, tout comme 'Ali Ibn 'Îsâ au 9ème siècle. Il a également construit des automates pour les rois Seldjoukides.

 

* Le zoologiste Sharaf Az-Zamân Tâhir Marwazî (m. 1120), auteur d'un excellent traité Tabâ 'i' al-Hayawân (De la Nature des Animaux). Son livre ne fut décou- vert qu'en 1937 par le professeur A. Arberry à l'India Office Library de Londres.

 

* Le philosophe, physicien, mathématicien, astronome et musicien Abît Bakr Muhammad Ibn Yahyâ Ibn Bâjja, latinisé en Avempace (m. 1138). Né à Saragosse, il est le plus ancien philosophe arabe d'Espagne. Ses commentaires sur Aristote ont préparé la voie au plus grand philosophe du monde musulman, Ibn Rushd (Averroès). Ce dernier a exercé une influence plus éten- due que Ibn Bâjja et fut donc plus étudié; cependant Ibn Rushd s'est lui-même référé aux travaux d'Ibn Bâjja et les a commentés. Ses ouvrages les plus célèbres sont Tadbîr al-Mutawahhid (Effort Uni), Risâlât al Wzdâ (Épîtres d'Adieu) et « Régime du Solitaire» Il a également écrit beaucoup de traités de philosophie et de médecine, commentant les oeuvres d'Aristote, d'Al-Farabî, de Galien et d'Ar-Râzî.

 

* Le philosophe et médecin Abû Al-Barakât dont l'oeuvre principale est Kitâb ai-Mu'tabar (Le Livre des Réflexions Personnelles). Il fut médecin du Calife Al Mustanjid (m. 1170).

 

* Le médecin Abû Ja' far Harun d'Andalousie, qui était un des maîtres d'Ibn Rushd.

 

* Le philosophe et médecin Ibn Zuhr, latinisé en Avenzoar. L'illustre famille Avenzoar a donné sur trois générations des médecins hautement réputés qui ne doivent pas être confondus les uns avec les autres. Le premier, le médecin Abû Marwân Zuhr est décédé en 1077. Son fils Abu Al-'Alâ' Zuhr, qui était aussi le vizir de Yûsuf Ibn Tashfin, d'où son nom latin Alguazir (al-wazîr) est l'auteur d'un fameux traité de médecine, Tadhkjrat (Mémorandum). Son fils Abu Marwân Ibn Zuhr, décédé en 1162 à Séville, est celui à qui est donné le nom d'Avenzoar. Son œuvre principale Taysîr (La Méthode) a été écrite vers 1140. Ce livre comprend des notions thérapeutiques originales pour l'époque, comme par exemple l'alimentation artificielle, ou encore l'alimentation par sonde et la nosologie du péricarde, mentionnées pour la première fois. C'est lui qui a anticipé la séparation actuelle entre médecine et chirurgie. Il donne également la première description de « l' acarus scabiei », qui, cinq siècles et demi plus tard, en 1687, sera reconnu comme étant la cause de la gale. Il a également rédigé un traité sur la relation entre le physique et la psyché, ce que l'on appelle aujourd'hui la psychosomatique. Ibn Zuhr est considéré comme le plus grand clinicien d'Andalousie, le deuxième dans le monde musulman après Ar-Râzî. Il fut un des maîtres d'Ibn Rushd.

 

Divers

 

*Construction en 1135, de la Grande Mosquée de Tlemcen en Algérie par le souverain Almoravide 'Ali Ibn Yûsuf.

 

12ème siècle: seconde moitié

 

1150. Ala’uddin Husayn Ghuri (m. 1156) envahit et incendie l'Empire de Ghazna, d'où son surnom  «Jahan Souz» (Le Brûleur du Monde).

 

1169-1171. Çalâhuddîn Yûsuf Al-Ayyûbî  (Saladin) du Kurdistân (m. 1193) met fin au Califat Fatimide en Égypte en acceptant le Sultan Nûruddîn Mahmûd de la Dynastie Zengide, unificateur de la Syrie, comme Sultan et en reconnaissant le Califat Abbasside de Baghdâd. Il devient gouverneur de l'Égypte.

 

1174 Çalahuddîn succède au Sultan Zengide Nuruddin Mahmûd (m. 1174), et commence le règne de la Dynastie Ayyubide (Ayyubi) qui a domine l'Egypte et la Syrie. Il déclare la guerre sainte contre les Chrétiens occidentaux.

 

1187. Le Sultan Çalâhuddîn Al-Ayyûbî conquiert A1-Quds (Jérusalem).

 

En Afrique du Nord, Abû Yûsuf Ya' qûb Al-Mançûr (m. 1199) mène les Almohades vers la victoire à Gafsa, aujourd'hui en Tunisie.

 

1l95.Victoire des Almohades sur les forces chrétiennes à Alarcos en Espagne.

 

Science et technologie

 

* Le mathématicien Al-Amunî Sharafuddîn Al-Makki.

 

* Le mathématicien, philosophe et médecin As- Samawal Ibn Yahyâ A1-Maghribî (m.-1180), qui a continué le travail d'AI-Karajî en arithmétique et en algèbre. Son œuvre principale est Al-Bâhir fi al-Jabar (Clarté de l'Algèbre), en quatre tomes. Sa méthode de calcul des racines des équations x" = N, est maintenant connue comme étant la méthode de Horner pour le développement du binôme (a+y)n. Il maîtrisait les nombres négatifs et mentionne dans le troisième tome de son livre que le produit d'un nombre négatif et d'un nombre positif est négatif, et le produit de deux nombres négatifs est positif. D'origine juive, il s'est converti à l'Islam et a écrit un traité nommé «La Réfutation Décisive ».

 

* Abû Bakr Muhammad Ibn 'Abd A1-Mâlik Ibn Tufayl de Cadix (Guadix), latinisé en Abubacer (m.1185/6). Philosophe, psychologue, théologien, astronome et médecin, il était disciple d'Ibn Bâjja et contemporain d'Ibn Rushd. Il fut médecin en chef du Calife Almohade et mourut à Marrakech. Dans son chef-d'oeuvre Hayy Ibn Yaqzân (Asrâr al-Hikma al Mushrakzya, Secrets de la Sagesse Illuminée), connu également sous le titre «Le Philosophe Autodidacte », il explique le processus de l'éveil intellectuel d'un enfant qui grandirait sur une île déserte. Lorsque ce livre fut traduit en latin par E. Pococke et publié à Oxford en 1671, puis en anglais par G. Kieth à Londres en 1674, le livre remporta un succès retentissant. Ce concept fut par ensuite présenté par les philosophes et écrivains européens sans aucune reconnaissance d'antériorité (cf Robinson Crusoe) En astronomie, il a corrigé les conceptions de Ptolémée sur les excentricités et les épicycles, quatre siècles avant Copernic.

 

* Le grand philosophe Abû Walîd Muhammad Ibn Ahmad Ibn Rushd, latinisé en Averroès, né à Cordoue et décédé à Marrakech en 1198. On considère que la philosophie islamique a atteint son apogée de son vivant. L'Europe entière a été sous l'influence de sa philosophie pendant des siècles, une école de pensée suivant ses doctrines, «l'Averroïsme », fut créée. L'œuvre du réformateur italien, le philosophe-théologien St Thomas d'Aquin est entièrement influencé par la philosophie d'Ibn Rushd. Il a ramené de nouveau en Europe la philosophie d'Aristote enrichie de détails et de commentaires, grâce à ses œuvres telles que Taflîr (Le Grand Commentaire), Talkhîç (Le Commentaire Moyen) et Jâmi' (Le Commentaire Abrégé). D'où le fameux adage répandu en Europe pendant le Moyen Âge et la Renaissance: «La Nature interprétée par Aristote, Aristote interprété par Averroès ». Il a également écrit d'innombrables livres de philosophie parmi lesquels Kitâb Façi al-Ma qâl (La Parole Tranchante) et Kitâb KashfManâhj (Dévoilement des Chemins) qui sont bien connus. En plus de la philosophie, il était maître en jurisprudence islamique, en médecine, en mathématique et en astronomie. Il fut également Qâdî, chef de la justice, à Séville. Prenant la suite d'Ibn Tufayl, il devint médecin en chef d'Abû Ya' qûb, le Calife Almohade. Il rédigea 20 traités de médecine dont le plus important est Al-Kulâyyât fi at- Tibb (Le Traité Universel de Médecine: Le Colliget) en sept volumes, qui fut une référence en Occident Ce livre comprend des notions nouvelles sur le rôle de la rétine et l'importante constatation que nul ne peut être atteint deux fois par la variole. En astronomie, son livre Fî Harakât al-Falak (Mouvements en Orbite) explique le mouvement des planètes; on lui attribue en outre la découverte des taches solaires.

 

Le philosophe, théologien, médecin, mathématicien et astronome Mûsâ Ibn Maymûn, latinisé en Maïmonide, de Cordoue. Il a été influencé par Ibn Rushd et a probablement profité de son enseignement. Bien qu'il soit juif, il est classé dans l'histoire arabo-musulmane car il a à la fois, beaucoup profite de cette civilisation et y a contribué. Il écrivit une lettre ouverte aux Juifs les invitant a devenir Musulmans. Les Juifs le considèrent comme l'un de leurs plus grands philosophes Ses travaux fondamentaux sont Mishneh Torah, une synthèse de la foi juive, et Dalâlat al-Hâ 'irîn (Le Guide des Égarés). Devant l'avancée des forces chrétiennes, il fut contraint de quitter l'Andalousie pour ne pas renier sa religion. Il finit par s'établir au Caire où il fut médecin en chef du Sultân Çalâhuddîn Al-AyyCibî  (Saladin). Il est mort en 1204 à Fustât (Caire).

 

* Le botaniste andalou Abû Ja' far Al-Ghâfiqî de Cordoue (m. 1165), dont le Kitâb al-Adwiya al-Mufrada (Le Livre des Simples Remèdes) donne une excellente description des plantes connues en Arabie avec leurs appellations arabe, berbère et latine L'existence de ce livre a été révélée grâce aux références laissées par Ibn Baytar, grand botaniste du 13ème siècle. En 938, le manuscrit original a été identifié à la Bibliothèque Osler de l'Université MacGiti à Montréal.

 

* L'agronome Muhammad Ibn A1-Awwâm qui a développé les travaux d'Ibn Wahshia. Son livre Kitâb al Filâha (Le Livre de l'Agriculture) est considéré comme le meilleur ouvrage médiéval dans ce domaine. La traduction espagnole publiée début 1800 contient 35 chapitres. L'auteur traite de 585 plantes dont 55 sont des arbres fruitiers. Le dernier chapitre du livre concerne l'élevage de bétail et d'animaux domestiques.

 

Lettres et culture

 

* Nizâmî (m. 1203/09), poète mystique et romantique persan dont les œuvres sont mondialement connues. Son Panj Ganj (Cinq Trésors) renferme cinq poèmes épiques: 1) Makhzan al-Asrâr (Entrepôts des Mystères); 2) KhusrL2 wa Shirîn (Histoire et Romance du Roi Sassanide Khusrû Pervez); 3) Layla wa Majnûn (Poème d'amour tragique entre deux Bédouins de tribus ennemies; thème identique au Roméo et Juliette que Shakespeare composera quatre siècles plus tard!) ; 4) Hafi Paykar (Sept Images) connu également sous le nom de Behram Nameh (Épopée du Roi Sassanide Behram Gor); 5) Iskandar Nameh (Épopée d'Alexandre le Grand).

 

Divers

 

* Début de la construction de la Grande Mosquée de Séville en 1171. Son minaret, aujourd'hui appelé Giralda a été terminé en 1195.

 

* Qutubuddmn Aybak commence la construction de la mosquée Quwwatu-l-Islâm (Force de l'Islam) à Delhi, en 1192.

 

Construction en 1195 par les Almohades, de la célèbre Mosquée Kutubzyya de Marrakech. Elle fut appelée ainsi car les bouquinistes (kutubî signifie libraire en arabe) tenaient leurs étalages devant son portail.

 

13èmesiècle: première moitié

 

1212. Les Almohades sont battus par l'armée chrétienne à Las Navas de Tolosa

 

1214.Début de la conquête de l'Afrique du Nord par les Banû Marîn (Dynastie Marinide).

 

1227. Mort de Gengis Khan. Son Empire s'étend de la Chine à la Mer Caspienne.

 

1228-1446. Règne de la dynastie éclairée Rasulide au Yémen. La plupart de ses dirigeants étaient des érudits et d'éminents savants.

 

1236. L'armée chrétienne commandée par Ferdinand III (m.1252) s'empare de Cordoue, capitale culturelle et scientifique des Musulmans d'Occident.

 

1236-1240. Règne de Raziya Sultâna (m. 1240), fille du Sultân Altamash. C'est le seul exemple d'une femme sultane à Delhi.

 

1240. Début du règne musulman au Mali, en Afrique Occidentale, où Tombouctou devient un centre culturel réputé.

 

1248. Prise de Séville par les forces chrétiennes.

 

Les Acteurs

 

Théologie et jurisprudence

 

* Le mystique et poète persan Farîduddîn 'Attâr de Nishapur (m.- 1220) dont les œuvres connues dans le monde entier sont Màntiq at Tayr (Le Langage des Oiseaux) et Tadhkirat al-Awliyâ'  (Le Mémorial des Saints). Ce dernier est un recueil inestimable de belles anecdotes soufies, rédigé avec une simplicité de style et un équilibre parfait entre arabisme et style iranien. Le Langage des Oiseaux est un livre métaphysique qui raconte le voyage allégorique de trente oiseaux - des Soufis représentant les âmes humaines - à la recherche de l'oiseau mythique, le Simurg (Phénix), dont ils veulent faire leur Roi (Dieu).

 

* Le philosophe ésotérique Muhyîuddmn Ibn 'Arabî. Né à Murcie, il a fait ses études à Séville. Pendant trente ans, il a transmis un enseignement spirituel de l'Andalousie à l'Anatolie, puis pendant dix ans à Damas, où il mourut en 1240. On raconte que pendant tous ses voyages, il a été reçu avec de grandes marques d'honneur et de nombreux dons qu'il s'empressait de distribuer aussitôt en aumônes. L'historien 'Uthman Yahyâ, dans sa biographie sur Ibn 'Arabi le crédite de 846 articles et livres dont environ 200 sont parvenus jusqu'à nous. Ses principaux ouvrages sont: AI-Futuhât al-Makkiyya (Les Révélations Mecquoises), Fuçuç al-Ahkâm (Les Gemmes de la Sagesse), Shâhid al-A srâr al-Qudsiyya (Témoin des Secrets Divins), Tuhfat as-Safar (Le Cadeau du Voyage) et Kîmiyâ' as- Sa'âda (Alchimie du Bonheur). Il a enseigné la doctrine du Wandat al-Wujûd (L'Unité de l'Existence), monisme panthéiste dans lequel Allah Seul est réel et où le monde se réduit à un ensemble d'apparences sans réalité - manifestation de la substance divine. Le poète italien Dante Al ighieri, décédé en 1321, a été tres influencé par les travaux d'Ibn 'Arabi, influence qui transparait de façon évidente dans son œuvre la Divine Comédie

 

Science et technologie

 

* Baylak A1-Qibshaqî (m. 1242) donne la première description claire de la boussole et montre son utilité.

 

* Le mathématicien Abû 'Abdullâh Ibn Badar dont l'oeuvre importante «Précis d'Algèbre », a été traduite par S Perez à Madrid en 1916

 

* Le mathématicien et astronome Sharafuddîn AI-Muzaffar Ibn Muhammad At-Tûsî (m. 1209/13) qui a continué le travail de 'Umar Khayyâm. En astronomie, son fameux Kitâb fi al-Asturlâb (Livre sur l'Astrolabe), donne les détails de son invention, l'astrolabe linéaire. Il a élaboré une méthode pour le calcul des racines positives des équations. Cette méthode, identique à celle proposée par François Viète en France au 16ème siècle, est maintenant appelée méthode de Ruffini-Horner pour le calcul de la racine d'une équation cubique !

 

* L'astronome andalou Abû Ishaq Al-Bitrugî, latinisé en Alpetragius (m.-1200). Il fut élève d'Ibn Tufayl et d'Ibn Rushd. Grâce à ses commentaires sur les épicycles, il devint un précurseur de Copernic.

 

* L'astronome et grand Voyageur marocain Abû 'Alî Al-Hasan Ibn 'Ali A1-Marrâkushî (de Marrakech) (m.1285). Parmi ses travaux, citons son catalogue de 240 étoiles pour l'année 1225.

 

* Muhammad Ibn Abî Bakr, réputé pour la fabrication d'instruments astronomiques.

 

* L'ingénieur égyptien Qaysar Al-Hanafi (m. 1251), qui a conçu et construit les fameuses norias (machine hydraulique formée de godets plongeant renversés et remontant pleins) pour l'Émir de Hama.

 

* L'ingénieur Ridwân de Damas, célèbre fabricant d'automates.

 

* Le grand ingénieur de Diyar Bakir (Turquie actuelle), 'Abd Al Izz Ibn Isma'il Ar-Razzaz A1-Jazzarî, auteur d'un ouvrage magnifique Kitâb fi Ma'rfat al Hiyal ai-Handasiyya (Les Instruments Mécaniques Ingénieux) qui a été traduit en plusieurs langues européennes Ce livre prouve incontestablement le savoir avance des Musulmans Orientaux de cette époque. Il y donne des plans sur les flûtes perpétuelles, les horloges hydrauliques et sur différents automates séquentiels utilisant les principes de l'arbre à came et les soupapes à flotteurs.

 

* Abû Muhammad 'Abdullâh Ibn Ahmad Ibn Baytar (m. 1248), connu sous le nom d'Ibn Baytar, c'est-à-dire « fils du médecin pour chevaux », car son père était un vétérinaire chevalin. Il est né à Malaga en Andalousie et est décédé à Damas. Il est  le plus grand botaniste du monde musulman et un de ses plus grands expérimentateurs. Il a appris la botanique grâce à Abû Al-'Abbâs An-Nabâtî, puis a erré pendant 30 ans entre l'Espagne et Damas à la recherche de plantes et d'herbes médicinales. Jusqu'au 19ème siècle, deux de ses livres servaient de base  à la botanique: Kitâb al Jâmi' fi ai-Adwzya al-Mufarda (Jâmi': Collection de Remèdes Simples) et Kitâb al-Mughnîfl ai-Adwiya ai-

Mufarda (Mughnî: Le Suffisant). Dans le Jâmi', il a nommé et classé par ordre alphabétique 1400 variétés botaniques dont 300 étaient inconnues jusqu'alors! Le Mughnî concerne la partie thérapeutique et donne 2500 remèdes utilisant des plantes médicinales. Entre le 15ème et le 17ème siècle les botanistes européens ont plagie ses écrits C'est en 1758 que la première édition latine complète du Jâmi' fut publiée.

 

Le minéralogiste Abû Al-'Abbâs At-Tifâshî (m.1253), auteur du Kitâb Azhâr ai-Afkâr fi Jawâhir al Ahjâr (Fleur de la Substance des Pierres), considéré à l'époque et jusqu'au XVIIème siècle, comme le meilleur livre de minéralogie.

 

13ème siècle: seconde moitié

 

1250. Les Mamelouks prennent le pouvoir en Égypte. En Afrique du Nord les Marinides (Banû Marin) établissent le royaume de Fès.

 

1250-1570.Règne de la Dynastie de Walasma en Afrique Orientale.

 

1254-1517. Règne de la Dynastie Mamelouk en Égypte.

 

1256. Les Mongols prennent la Citadelle d'Alamout (AI-Mawt, La Mort) dans les montagnes du sud de la région de la Mer Caspienne, qui était le fief des Hashshshîn (Assassins), secte fondée au 11ème  siècle par Hasan Ibn Çabbâh (m. 1124).

 

1258. Les Mongols, dirigés par Hulagu Khân (m. 1265), dévastent Baghdâd et brûlent la ville ainsi que tous ses centres de savoir.

 

1259. Les Mongols attaquent la Syrie et prennent Damas. 1260.Victoire retentissante des Mamelouks, dirigés par le Sultân Qutuz (m. 1260) sur les Mongols lors de la fameuse bataille de 'Ayn Jâlût (Fontaine de Goliath), près de Nazareth en Palestine. L'Émir Mamelouk, Baybars (m. 1277), qui s'est distingué pendant la bataille, devient Sultan.

 

1261. Depuis lors, l'Égypte devient le centre du monde arabe Les Acteurs et dans une certaine mesure, du monde musulman.

1268. Les Mamelouks, dirigés par le Sultân Baybars, vainquent l'armée chrétienne et s'emparent de la ville d'Antakiyyah (Antioche), aujourd'hui en Turquie.

 

1269. Les Marinides prennent Marrakech, ce qui marque le début de leur dynastie au Maghreb.

 

1289. Les Mamelouks, sous le Sultan Qalâwûn (m. 1290), battent les troupes chrétiennes et reprennent Tripoli.

 

1290. En Turquie, montée en puissance de la Maison de 'Uthman (Osman; les Ottomans).

 

1291. Le Sultan Mamelouk A1-Ashraf Khalîl (m. 1293) bat les forces chrétiennes et triomphe à Acra (Akko, aujourd'hui port israélien), qui était le siège des Chevaliers de St Jean. Cette victoire voit la fin des Croisades en Syrie et en Palestine.

 

1292. Marco Polo (m. 1324) mentionne l'existence d'un royaume musulman à Sumatra.

 

1297. Expéditions du Sultan 'Alâ'uddîn Khiljî (ou Khaljî) (m. 1316) du Sultanat de Delhi dans le Gujerat et le Rajasthan.

 

1299-1924. Règne des Sultans Ottomans. Début de l'Empire

Ottoman fondé par le Sultan Ghâzî Osman I ('Uthmân I) (m. 1326). La première capitale fut Bursa

(Brousse) en 1326.

 

Les Acteurs

 

Théologie et jurisprudence

 

* Le philosophe ésotérique et maître soufi Mawlânâ JaIâluddîn Rûmî (m. 1273), à l'origine de l'Ordre soufi des Derviches et des Mawlawî. Né à Balkh, il s'établit en Asie Mineure, à Konya, d'où son nom de plume, Rûmî, car la région en arabo-persan était appelée Rûm. Après la mort de son maître Shamsuddîn At-Tabrîzî, il fonda une confrérie (tarîqa) de derviches, qui subsiste en Turquie; elle est connue en Europe sous le nom de «Derviches Tourneurs» et en Orient sous celui de Mevievi (prononciation turque de Mawlawî, tiré de Mawlânâ - notre maître).

 

* Le moraliste soufi et poète persan Shaykh Muçlihuddîn 'Abd Allâh Musharrif Sa'dî de Shîrâz (m. 1292), auteur des Mathnavi (vers à rimes suivies), de Gulistân (Jardin des Roses) et de Bustân (Verger), qui sont célèbres dans le monde entier. Le Gulistân constitue sans doute le chef-d’œuvre de Sa' di et l'ouvrage le plus fameux de toute la littérature persane. Il fut initié au soufisme par Abû Najîb As-Suhrawardî (m. 1234).

 

*Le mystique persan Sa'duddîn Mahmûd Shabestarî (de Shabestar, une petite ville près de Tabrîz)

(m.-1320). Son œuvre poétique Guishané Raz (Le Jar- din Mystique) est considérée comme l'un des meilleurs précis de Soufisme.

 

* Le poète égyptien d'origine berbère Sharafuddîn Muhammad Ibn Sa'îd Al-Busirî (m.-1294/98). Il est l'auteur de Qaçîda Al-Burda (Le Manteau), ouvrage religieux très répandu et lu dans le monde musulman.

 

Science et technologie

 

* Abû Ja'fâr Muhammad Ibn Muhammad Ibn Al Hasan Nâçiruddîn At-Tûsî, originaire de la ville de Tûs dans la région du Khurâsân. Avec lui, les sciences de l'astronomie et des mathématiques atteignent leur apogée dans le monde islamique, car il est l'un des plus grands astronomes mathématiciens musulmans. Il est l'auteur des célèbres tables astronomiques connues sous le nom de Iikhânian, qui ont nécessité douze années de travail et furent dédiées à son protecteur Hulagu Khân, lequel ordonna la construction du célèbre observatoire Maragha en Azerbaïdjan pour le récompenser. Après avoir effectué des recherches dans cet observatoire, Nâçiruddmn At-Tûsî écrivit un autre livre renommé Tadhkirat an-Nasariya. Il a accompli un travail remarquable en arithmétique, en algèbre, en géométrie et en trigonométrie. C'est lui qui a créé en mathématique la trigonométrie comme discipline à part entière, séparée de l'astronomie, et l'a de plus divisée en trigonométrie plane et sphérique. Il a traité des triangles rectangles sphériques de manière très complète et a abordé avec succès l'étude des triangles sphériques quelconques, mettant même à contribution le triangle polaire. En géométrie, il a corrigé les traductions des mathématiciens grecs et ses commentaires sur les propositions d'Euclide ont inspiré les travaux du mathématicien italien G Saccheri, ei 1773, sur  la géométrie non-euclidienne. Il peut donc être considéré comme le pionnier de la géométrie non-euclidienne. Outre ces sujets, il a également écrit sur l'optique, la médecine, la géographie, la philosophie, la musique et la théologie! En théologie ses œuvres les plus connues sont Tajrîd ai- 'Aqâ 'id (Renouvellement de la Foi) – un grand traité de théologie imamite -, et une profession de foi plus courte, Qawâ'id (Les Bases). Il est mort à Baghdâd en 1274.

 

* Le mathématicien et astronome andalou Muhyîuddîn A1-Maghribî (m.-1283) qui a travaillé avec Nâçiruddîn At-Tûsî pour la construction de l'Observatoire de Maragha. En trigonométrie il a laissé une œuvre importante dont le «Traité sur les Calculs en Trigonométrie ».

 

* Le chimiste Mançûr Dhahabî, auteur d'un livre clair et concis sur la préparation et la purification des métaux et sur la fabrication des pièces de monnaie.

 

* Le grand médecin Abû Al-'Alâ' 'Ali Ad-Dimashqî Ibn Nafis, latinisé en Ebenefis (m. 1288). Né à Damas, il aétudié la médecine avec son ami Ibn Abî Usayba et fut plus tard directeur de l'Hôpital Nasiri au Caire. Il écrit un commentaire du «Canon» d'Ibn Sînâ et a souligné les erreurs de Galien concernant l'anatomie humaine. La circulation sanguine dans le corps hu- main reste sa découverte la plus importante. Cette dé- couverte est encore plus remarquable sachant que les lois de l'époque proscrivaient la dissection de cadavres. Cependant, jusqu'à encore très récemment, cette dé- couverte était attribuée soit au théologien et physicien espagnol Miche! Servet décédé en 1553, soit au médecin anglais William Harvey en 1628. Ce n'est qu'en 1924, à l'Université de Fribourg en Allemagne, qu'un médecin égyptien, At-Tatawi, a démontré dans sa thèse que la paternité de cette découverte revenait à

Ibn Nafis en 1260. Sa thèse fut immédiatement vérifiée et on finit par accepter que l'auteur était bel et bien Ibn Nafis.

 

* Le médecin et botaniste Ibn Abî Usayba (m. 1270), élève d'Ibn Baytar. II a écrit un livre sur l'histoire de la médecine et sur les médecins célèbres jusqu'à son épo- que. Son ouvrage Kitâb 'Uyn al-Anbâ fi Tabaqât al Atibba (Sources d'Informations sur les Classes des Médecins), écrit en 1250, contient la biographie de 399 médecins.

 

* Le botaniste 'Umar Ibn Yûsuf (m. 1296), qui était également le troisième souverain de la Dynastie Rasulide dirigeant le Yémen. Il rédigea un livre qui fit autorité dans le domaine, Kitâb ai-Muta'mmad fi al Adwiya al-Mufarda (Le Livre Authentique des Simples Remèdes).

 

14ème siècle : première moitié

 

1316. Règne musulman en Nubie, ancien pays du Nord-Est de l'Afrique comprenant la partie actuelle du nord du Soudan et du sud de l'Égypte.

 

1333. Les Musulmans reprennent  Jabal at-Târiq (Gibraltar), à l'Espagne.

 

Science et technologie

 

Le mathématicien et physicien Kamâluddîn Abû Al-Hasan Al-Fârisî de Tabrîz (m.-1320). En physique, il a continué les travaux d'Ibn Al-Haytham sur certains problèmes physico-mathématiques. Il a construit une grande sphère en verre remplie d'eau pour expliquer le phénomène de l'arc-en-ciel. En mathématique, il a également développé les travaux de Thâbit Ibn Qurra (m. 901) sur la théorie des nombres. Dans son ouvrage Tadhkirat al-Ahbâb  fi Bayân at-Tahtlbb (Mémorandum sur la Preuve de l'Amitié Réciproque), il donne les paires de nombres amicaux «220, 284» et « 17 296, 18 416 ». Cependant, ce dernier couple est maintenant connu comme celui d'Euler, le mathématicien suisse du 18ème  siècle!"

 

* Abu 'Abdullâh Muhammad Allawatî, connu surtout sous son pseudonyme d'Ibn Battûta (m. entre 1368 et 1377). Né à Tanger, c'était un grand voyageur, explorateur et géographe, contemporain de Marco Polo. Pendant trente ans, il a parcouru l'Espagne, l'Afrique du Nord, l'Afrique Centrale, l'Asie Centrale et l'Indonésie. On estime qu'il a parcouru plus de 120 000 kms, ce qui représente plus que les voyages de Marco Polo. Personne dans le monde n'avait voyagé sur une telle distance avant l'invention de la machine à vapeur. Il a visité tous les pays musulmans de l'époque et rencontré la plupart de leurs dirigeants. À la demande du Sultan de Marrakech, il a dicté le récit de ses voyages au fameux écrivain Ibn Jawzî; récits connus sous le titre de Rihiât Ibn Battûta (Les Voyages d'Ibn Battûta).

 

Lettres et culture

 

Rashîduddîn Khan, ministre mongol (m.  1318). Il fut un médecin renommé et un grand historien. Son livre sur l'Histoire Universelle est un trésor de savoir ancien et est aujourd'hui encore tenu en estime. Dans son «Histoire de la Médecine », il a donné d'importants ex- traits d'ouvrages médicaux réputés de Chine et de Mongolie.

 

* Huwayri d'Egypte, auteur d'une Encyclopédie de l'Histoire.

 

* Abû Al-Fida (m. 1331), dirigeant de Hama en Syrie. C'était à la fois un brillant général, un géographe et un historien. Il est l'auteur de la célèbre Mukhtaçar T4rîkh al-Bashar (Histoire Abrégée du Genre Humain), laquelle complète l'histoire d'Ibn Al-Athîr jusqu'en 1329. Rappelons qu'Ibn Al-Athîr avait quant à lui complété jusqu'à l'année 1231, l'Histoire Universelle d'At-Tabarî, le grand savant du 10ème siècle.

 

* Le soufi, poète et musicien Amîr Khusrû (m. 1325), premier grand poète du dialecte populaire de Delhi. Ce dialecte, connu sous le nom de Khari Boli (Langage Droit - «pas raffiné », «sans expressions idiomatiques ») s'est développé plus tard en Rekhta (Mélangé), le langage précurseur de l'Urdu. Le terme « urdu» vient du turc, langue dans laquelle il signifie « camp militaire» ; il se trouve être à la racine du mot europeen «horde» Rappelons également qu'après l'arabe, le persan et le turc, l'urdu est la quatrième langue culturelle de l'Islam. Amîr Khusri écrivait également en langue persane et parmi ses œuvres innombrables, on compte son chef-d’œuvre Khamsa (Pentalogie, Cinq Poèmes Épiques). Il était disciple du soufi Khwâja Nizâmuddîn Awliyâ', le «Saint Patron» de la, ville de Delhi.

 

Divers

 

* Au début de ce siècle, les habitants des Balkans, particulièrement ceux de la Bosnie, les Bogomiles, acceptent l'Islam.

 

* À Tabrîz, Azerbaïdjan, fondation de la Rashîdzya, sorte d'Académie des sciences et lettres dans laquelle sont rassemblés de nombreux ouvrages, idées et savants issus du monde entier.

 

14ème siècle: seconde moitié

 

1356.Le Calife de Baghdâd attribut l'Inde à Firûz Shâh Tughluq (m. 1388).

 

1362. Sous le règne du Sultan Murâd I (m. 1389), les Turcs ottomans conquièrent Andrinople. C'est le début de la Première Grande Expansion de l'Empire Ottoman.

 

1365. Début des conquêtes d'Amîr Timur  (Tamerlan).

 

1371. Les Ottomans battent l'armée serbe à Chirmen.

 

1389. Le Sultan Murâd I mène les Ottomans vers, une écrasante victoire sur les Serbes au Kosovo. Il est tué lors de la bataille.

 

1391. Pendant le règne du Sultan Bayazîd Yaldram (m.1402), les Ottomans s'emparent de tous les territoires de l'Empire Byzantin en Asie Mineure (Anatolie).

 

1396. Victoire brillante des Ottomans à Nicopolis contre une coalition des armées hongroises et françaises soutenues par les Anglais, les Allemands et les Italiens.

 

1397. Les Ottomans atteignent Athènes.

 

Les Acteurs

 

Science et technologie

 

* L'ingénieux mathématicien Tâjuddîn 'Ali Ibn Ad-Durayhim (m. 1361) de Mossoul, auteur de Miftâh al Kunûzfi I&h al-Marmûz (Clefs pour l'Éclaircissement des Écritures Secrètes) - premier exposé de Cryptologie, sur la base mathématique de substitution et transposition.

 

* Le mathématicien et astronome syrien Ibn Ash-Shatîr (m. 1375), connu pour la construction de son astrolabe très précis.

 

* Les médecins andalous Ibn Khatîma (m. 1369) et Ibn Al-Khatîb (m. 1374) soulignent pour la première fois les dangers de la contagion; ils affirment notamment que la peste est contagieuse au contact des pestiférés. C'est en outre la première mention des microbes dans l'histoire de la médecine. Lisânuddîn Ibn A1-Khatîb de Grenade est également un fameux historien.

 

* Le médecin Mâlik A1-Afdam (m. 1376), qui était également le septième souverain de la Dynastie Rasulide. Dans son Kitâb al-Lûma, il reprend tout ce qui était connu à son époque sur la médecine en expliquant les fonctions de chaque organe, en énumérant les maladies se rapportant à chacun d'eux, leurs causes et les remèdes à apporter.

 

Lettres et culture

 

* L'historien As-Safadî (m. 1363), auteur d'une œuvre monumentale en 26 tomes, Al-Wâfi bi ai-Wafayât (Recueil de Biographies).

 

* Le grand savant Abû Zayd 'Abd Ar-Rahmân Ibn Muhammad Ibn Khaldun (m. 1406). Natif de Tunisie, il est considéré comme l'un des plus grands penseurs du monde musulman. Il est l'auteur de sept traités sur les mathématiques, la logique et les sciences ésotériques. Cependant, son chef-d'oeuvre reste le volumineux  Kitâb al-Ibâr wa Diwân al-Mubtida' wa ai-Khabâr  fi Ayyâm al- 'Arab wa al-Ajam wa al-Barbar (L'Histoire Universelle). Cet ouvrage comprend trois parties, chacune étant subdivisée en plusieurs tomes. La première partie connue dans le monde entier est Ai-Mu qaddima (Le

Prologue) ; la seconde traite de l'histoire arabe et islamique et la troisième concerne l'histoire des Berbères d'Afrique du Nord. Avant Ibn Khaldun, l'Histoire n'était qu'un enregistrement d'événements; il est le premier savant à avoir analyse l'histoire du monde et se trouve être considéré comme le père de la philosophie de l'histoire Dans la Muqaddzma, il souligne l'importance des causes économiques qui conduisent à la formation d'une tribu ou d'une société et il explique également les raisons de l'avènement et du déclin des cités, des Empires et des dynasties régnantes. Enfin, il a formulé des règles pertinentes concernant tous ces aspects, ce qui en fait également le père de la sociologie. Jusqu'à récemment, on considérait en Occident que la sociologie avait été fondée par le philosophe français Auguste Comte au )UXême siècle, mais depuis les trente dernières années, on s'accorde sur le fait que cette science a débuté avec Ibn Khaldûn. Sa profonde perspicacité peut être évaluée par cette remarque formulée dans Al-Mu qaddima: «Le règne animai ('âlam al hayawân) se développe alors, ses espèces augmentent et, dans le progrès graduel de la Création (tadarruj attakwîn), il se termine par l'homme - doué de pensée et de réflexion. Le plan humain est atteint à partir du monde des singes (qirada), où se rencontre sagacité (kays) et perception (idrâk), mais qui n 'est pas encore arrivé au stade de la réflexion (rawiyya) et de la pensée. À ce point de vue, le premier niveau humain vient après le monde des singes: notre observation s'arrête là. » En Occident, cela fut démontré cinq cent ans plus tard, en 1859, par Charles Dain. D'autre part, l'historien britannique du 20ème siècle, Arnold Toynbee lui a rendu hommage par ces paroles: «Ibn Khaldûn a conçu et formulé une philosophie de l'histoire qui est sans aucun doute le plus grand travail de ce genre réalisé par l'esprit humain, de tout temps et en tout lieu.

 

* Le grand poète persan Hâfiz Shîrâzî dont le nom réel est Shamsuddîn Muhammad (m. 1389/90). Il a exercé une grande influence sur l'écrivain allemand Johann Wolfgang von Goethe. Il est considéré comme le maître incontestable du genre ghazal (poésie d'amour) mystique. La collection de ses oeuvres poétiques Diwân Hâfiz est un classique de la littérature persane.

 

Divers

 

* Durant cette moitié de siècle, des missionnaires islamiques atteignent Kano, au Nigeria; en Asie, l'Islam pénètre dans l'archipel des Philippines. Vers la fin du siècle, Mombassa en Afrique Oriental devient un centre culturel avancé du savoir.

 

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