Fiche de lecture n°8

Publié le par lieutenantrahmani

Amazigh : L’homme Libre.

 « La terre n’est qu’un seul pays dont tous les hommes sont les citoyens, un seul village à la suite des découvertes scientifiques et de l’inter-dépendance indéniable des nations. On peut aimer tous les peuples du monde tout en aimant son propre pays. »

 

« La vérité est comme la mer, elle n’apparaît qu’une fois rejetée sur le rivage. Quel dommage qu’il faille tant de naufrages pour enfin l’apercevoir. »

Abdelkader Rahmani.

 

 

 

Fiche de lecture n°8

De l’Université de l’Ignorance

1er mars 2012

 

 

 

 

LA PRÉHISTOIRE DE LA TERRE SAINTE

Au commencement

DE MICHAEL BALTER

NATIONAL GEO GRAPHIC DÉCEMBRE 2009

 

La Terre sainte: pour les plus de 3,5 milliards de chrétiens, de juifs et de musulmans, ces mots évoquent un lieu magique, source de miracles, le berceau d'événements fondateurs pour les trois grandes religions monothéistes. Connue dans les temps anciens sous le nom de «terre de Canaan », elle englobe aujourd'hui, de façon plus ou moins définie, Israël, les Territoires palestiniens, le Liban et certaines parties de la Syrie ; de la Jordanie et de l'Égypte. Les croyants vénèrent cette petite portion de la Terre comme étant la scène où Dieu a révélé sa parole et où les événements dramatiques de l'Ancien et du Nouveau Testament se sont déroulés. Car les trois religions se réclament du patriarche Abraham, à qui Dieu avait commandé de se rendre en Canaan avec son épouse Sarah, en lui promettant «une grande nation ».

 

Même ceux qui ne prennent pas les Écritures au pied de la lettre reconnaissent que la Terre sainte est le creuset de mythes antiques et d'événements historiques réels qui ont marqué de façon indélébile le destin de l'humanité. La plupart des cités nommées dans les livres les plus anciens de la Bible, comme Hébron, Beersheba, Gaza et Jéricho, étaient - et demeurent – des villes véritables. Les archéologues ont identifié et mis au jour des dizaines d'autres sites bib1iques. Aujourd'hui, chrétiens, juifs et musulmans s'affrontent pour conquérir leur juste place sur cette terre où déserts et montagnes déchiquetées côtoient mers et vallées verdoyantes.

 

Pourquoi la Terre sainte a-t-elle joué un rôle aussi crucial dans l'histoire de l'humanité? La réponse se trouve au plus profond des racines de l'évolution humaine, lorsque les premiers hominidés ont quitté leur territoire originel de l'Afrique de l'Est et ont commencé à coloniser la planète, il y après de 2 millions d'années. De nombreux anthropologues pensent qu'ils sont passés par la vallée du Grand Rift, cette gigantesque entaille qui s'étend sur plus de 6 000 km, depuis la Tanzanie jusqu’au nord de la Syrie, via les fossés tectoniques de la mer Morte, de la vallée du Jourdain et du lac de Tibériade.

 

Sur le site d'Ubeidiya, dans la vallée du Jourdain, des archéologues israéliens ont ainsi découvert des outils en pierre vieux d'environ 1,4 million d'années. Il est vraisemblable que les hominidés qui vivaient à Dmanisi, en Géorgie, voilà 1,8 million d'années (nos plus anciens ancêtres humains attestés ayant vécu hors d'Afrique), ont emprunté cette même route. Sur un autre site de la vallée du Grand Rift vieux de 780 000 ans, Gesher Benot Ya'aqov, dans la vallée de la Hula, les archéologues ont découvert les plus anciennes traces de la maîtrise du feu par l'homme reconnues par la communauté scientifique. Et quand des membres de notre espèce, Homo sapiens, se sont aventurés pour la première fois hors d'Afrique, il y a 100 000 ans environ, ils ont trouvé refuge dans les grottes qui parsèment les hauts plateaux d'Israël. Ces premiers humains étaient des chasseurs-cueilleurs nomades. La Terre sainte a constitué une étape pleine de richesses dans leurs pérégrinations à travers le monde. Et quand les hommes ont décidé de se sédentariser, elle a figuré parmi les sites qu'ils ont choisis - sans doute attirés par le climat méditerranéen doux, les sols fertiles et les nombreuses vallées de la région.

 

Des signes de ce désir de se fixer ont été trouvés sur le site d'Ohalo II, vieux de 23000 ans, sur la côte sud-ouest du lac de Tibériade. Des êtres humains y vivaient dans des huttes faites de branchages; ils cueillaient des fleurs et des plantes, notamment de l'orge sauvage. Environ 8500 ans plus tard, un mystérieux peuple semi-sédentaire, les Natoufiens, a commencé à s'installer dans l'ensemble de la région aujourd'hui formée par Israël, les Territoires palestiniens, la Syrie et la Jordanie. Vivant également dans des huttes de branchages, ils chassaient des gazelles et récoltaient des céréales sauvages. Ils enterraient leurs morts dans des cimetières, non loin de leurs habitats.

 

Dans les années 1950, Kathleen Kenyon, une archéologue britannique, a dirigé des fouilles approfondies à Jéricho, sur le site natoufien de Tell al-Sultan. Le mot arabe « tell » désigne un tertre constitué d'un empilement d'établissements humains successifs. De tels sites sont disséminés dans l'ensemble du Moyen-Orient. À Jéricho, où une source généreuse avait peut- être attiré les Natoufiens, Kathleen Kenyon est remontée dans le temps. Elle a retracé l'histoire de la Terre sainte strate après strate.

 

Juste au-dessus des couches correspondant à l'occupation du site par les Natoufiens, elle a découvert de nombreux vestiges de l'une des premières communautés agricoles connues, fondée il y a environ 11 000 ans. Ces vestiges comprenaient une spectaculaire tour en pierre de 7 m de hauteur et des caches remplies de crânes humains, avec leur face surmodelée en argile. C'était l'aube de ce que les archéologues appellent la période néolithique - ou «âge de la pierre polie» -, l'étape la plus décisive pour les humains sur leur chemin vers la civilisation.

 

À partir de Jéricho, le mode de vie fondé sur l'agriculture s'est très vite étendu au reste de la région. Les archéologues ont découvert des implantations datant de la préhistoire dans la vallée du Jourdain, sur le mont Carmel et dans le désert du Sinaï. À mesure que les premiers fermiers domestiquaient les plantes et les animaux et apprenaient à stocker de la nourriture pour un usage futur, leur population s'est accrue. Leurs sociétés sont devenues plus complexes, plus novatrices. Ils ont inventé la poterie; l'art et la culture se sont épanouis.

 

Cette explosion créatrice peut s'observer de façon particulièrement saisissante dans l'art des Yarmoukiens. Leur culture a surgi juste au sud du lac de Tibériade, il  a environ 8000 ans. Dans les années 1930, les colons juifs qui ont fondé le kibboutz Sha'ar HaGolan, sur les rives du Yarmouk, ont exhumé dans leurs champs des dizaines de figurines spectaculaires en argile et des tessons de poterie rouge ornée de motifs en zigzag. Certaines figurines représentent des femmes assises aux têtes allongées. Elles pourraient figurer des déesses de la fertilité.

 

Depuis ces découvertes, plus de 300 statuettes similaires ont été mises au jour sur ce site. Des céramiques yarmoukiennes caractéristiques ont été découvertes par la suite à Megiddo, dans le nord d'Israël, à Byblos, au Liban, et dans près de vingt autres sites de la Terre sainte. Ce qui laisse penser que la culture yarmoukienne s'est propagée à l'ensemble de la région.

 

Il y a environ 6500 ans, les fermiers du Moyen-Orient, qui excellaient déjà dans la fabrication d'outils en pierre, se sont mis à utiliser le métal, annonçant le Chalcolithique - ou «âge du cuivre ». En Terre sainte, le site emblématique de cet âge est Teleilat al-Ghassul. D'une superficie de 20 ha, il surplombe la côte nord-est de la mer Morte et a donné son nom à la culture dominante de cette région, dite «ghassoulienne ».

 

Grâce à une agriculture solidement implantée, les récoltes étaient abondantes. À côté de leurs cultures de base (blé, orge, légumes), les fermiers ont entrepris de cultiver des oliviers. Les potiers produisaient de grandes jarres en céramique, où se conservaient l'huile d'olive et les produits de la terre. Avec leur nouveau savoir-faire de métallurgistes, les Ghassouliens ont fabriqué de superbes objets rituels en cuivre sur lesquels étaient représentées des têtes de bélier, d'oiseaux et d'êtres humains.

 

La culture ghassoulienne a perduré pendant environ un millier d'années. Les raisons de sa disparition n'ont jamais vraiment été élucidées. D'autres civilisations allaient voir le jour et s'éteindre en Terre sainte. Ses nombreuses vallées traversées de rivières ont fait de la région un carrefour naturel entre l'Afrique et l'Asie, et ses peuples n'ont eu que très rarement l'occasion de vivre dans un splendide isolement. Au début de l'âge du bronze, tandis que le cuivre demeurait le métal dominant, la Terre sainte entretenait sans doute des liens culturels avec les cités-États en plein essor de Mésopotamie et d'Égypte. II existe en effet des indices d'une colonisation du sud de la Palestine par les Égyptiens à peu près à cette époque. Et, voilà environ 5500 ans, les grandes cités sumériennes de Mésopotamie, notamment Ourouk, étaient déjà en pleine expansion le long de l'Euphrate. La civilisation urbaine proprement dite, alimentée par les surplus agricoles, n'est pas née en Terre sainte. Mais elle y a bientôt pris racine.

 

Plusieurs centaines d'années après l'effondrement de la culture ghassoulienne, les premiers centres urbains des débuts de l'âge du bronze ont surgi à Megiddo, Jéricho, Arad, Tel Dan, Haçor et sur des dizaines d'autres sites, du nord du lac de Tibériade à la mer Morte, au sud, et de la plaine côtière méditerranéenne à une large bande de terre située à l'est du Jourdain. Lors des huit siècles suivants, ces localités se sont pleinement développées, se dotant de murs fortifiés, de temples, de palais, d'entrepôts à grain et de systèmes d'adduction d'eau sophistiqués.

 

Ces cités ont noué des liens commerciaux étroits avec les régions voisines - en témoignent les nombreux spécimens de céramique typique des sites de la Terre sainte qui ont été retrouvés dans les tombes de rois égyptiens. Les villes ont aussi constitué des centres importants pour les nouvelles religions qui gagnaient alors l'ensemble de la Terre sainte. À Megiddo, par exemple, les archéologues ont découvert trois temples massifs datant de cette période, probablement consacrés à trois dieux différents. Larges de 2 m, les murs des temples abritaient de longues et vastes salles; des statues des divinités se dressaient vraisemblablement sur les piédestaux placés juste devant les entrées.

 

Puis, voilà quelque 4300 ans, la civilisation s'est de nouveau effondrée en Terre sainte.

Les grandes cités ont été soit abandonnées, soit détruites. Certains spécialistes incriminent les

Égyptiens; d'autres évoquent la responsabilité de tribus nomades de Syrie; d'autres encore invoquent des facteurs environnementaux, voire une combinaison de toutes ces causes. Mais ce sombre interlude n'a pas duré longtemps. Trois cents ans plus tard (toujours pendant l'âge du bronze), de nouveaux et puissants centres urbains ont réapparu. Certains se situaient sur les ruines mêmes des anciens sites de peuplement.

 

C'était l'âge des puissantes cités-États cananéennes. La Bible mentionne un grand nombre d'entre elles. Selon certains archéologues, elles étaient peuplées par des immigrants originaires de la région qu'occupent aujourd'hui le Liban et la Syrie. Les fortifications impressionnantes et les remparts en terre mis au jour à Acre, Aphek, Megiddo, Haçor et sur d'autres sites témoignent de la richesse et de la puissance de ces nouvelles cultures. Le confirment également la délicatesse des motifs de leur céramique et la sophistication de leurs outils et armes en bronze.

 

Abraham, le patriarche des trois grandes religions monothéistes, est-il une figure historique en chair et en os ou un personnage mythique que les auteurs de la Bible ont inventé après coup? Les archéologues ont débattu cette question. Si Abraham a bel et bien existé, les meilleures estimations le placeraient en pays de Canaan à peu près à cette époque mouvementée: il y a environ 4000 ans, quand la Terre sainte renaissait une fois encore en tant que carrefour majeur dans l'aventure humaine. Elle l'est depuis l'aube de l'humanité, et elle le reste aujourd'hui. »

 

Commentaire du PDG fondateur de l’Université De l’Ignorance (UDI)

 

J’appelle les ignares désignés ci-dessous à apprendre par cœur cette fiche de lecture et à la recopier 10 fois pour qu’elle s’incruste dans leur cerveau désertique ; Claude Guéant, ministre, Eric Besson, ministre, Alain Juppé, ministre, Gérard Longuet, ministre, Alain Gaino, conseiller particulier de l’Elysée, Alain Minc, conseiller de l’Elysée, Nicolas Sarkozy, président de la République, le CRIF et Israël, les députés et les sénateurs, l’UMP, sans oublier le FN, Le Pen et sa fille, le dernier des derniers ineffables BHL, et tous les « Héxacons » fiers de leur minuscule civilisation issue de l’Afrique et de l’Orient, extrême, moyen et proche.

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