Fiche de lecture n°1

Publié le par lieutenantrahmani

Amazigh : L’homme Libre.

 « La terre n’est qu’un seul pays dont tous les hommes sont les citoyens, un seul village à la suite des découvertes scientifiques et de l’inter-dépendance indéniable des nations. On peut aimer tous les peuples du monde tout en aimant son propre pays. »

 

« La vérité est comme la mer, elle n’apparaît qu’une fois rejetée sur le rivage. Quel dommage qu’il faille tant de naufrages pour enfin l’apercevoir. »

Abdelkader Rahmani.

 

Fiche de lecture n°1

De l’Université de l’Ignorance

Le 31 août 2011

 

« L’histoire universelle doit être enseignée dès l’école communale à tous les enfants du monde pour que très tôt ils aient la conviction que nul n’est  de naissance supérieure ou inférieure à l’autre, et surtout que nous sommes des immigrés acclimatés plus ou moins intégrés. En quelque sorte enseigner l’ethnogénie dès l’enfance. Commencer par une histoire comparée entre l’Europe et la Berbèrie corrige les falsifications de l’Histoire de l’Humanité par des historiens qui s’inspiraient du nationalisme hégélien. » Les Berbères : nos ancêtres les Gaulois ou nos ancêtres les Berbères ? Abdelkader Rahmani, éd : Trois Mondes-1997.

 

Les événements actuels en Libye, Tunisie, Egypte sont d’une importance encore insoupçonnables pour le continent africain et l’occident.

 

La majorité des historiens actuels enchaînés par les médias mais aussi ignorants l’histoire pour la plupart, occultent les vérités de cette histoire, faisant œuvre « d’action psychologique » au profit des maffias industrielles et racistes. L’ignorance des uns rapporte aux autres !

 

Nous avons décidé d’apporter une correction légitime à ces déviations. Nous commencerons à reproduire des extraits de deux livres conjoints :

 

1/ « Les Berbères : nos ancêtres les Gaulois ou nos ancêtres les Berbères. » d’Abdelkader Rahmani, éd : Trois Mondes-1997.

 

2/ « Le Berbère lumière de l’Occident. » de l’Abbè Vincent Sarralda et André Huard, éd : Nouvelles éditions latines, 1990.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Berbères : Nos ancêtres les Gaulois…

ou nos ancêtres les Berbères ?

Abdelkader Rahmani

 

Introduction

 

S’adressant aux Gaulois révoltés, un général romain concluait sur une prédiction qui se réalisa: « Plusieurs siècles de labeur, leur disait-il, ont édifié cet empire. S'il venait à s'écrouler, il écraserait sous ses ruines tous les peuples qu'il abrite aujourd'hui. »

Le même oracle aurait pu s'appliquer sans réserve à l'Afrique du Nord; laquelle, au long de son histoire plusieurs fois millénaire a été rattachée à des Empires qui se sont successivement effondrés.

Trois des plus hautes civilisations ont submergé tour à tour la Berbérie. En dépit de leur commune tendance assimilatrice, elles ont à peine entamé sur les franges son vieux fond indélébile. Dans le fracas des empires engloutis, au long d'une histoire tourmentée, les populations berbères ont jalousement conservé l'usage de la langue des aïeux et leurs traditions, preuves de leur indestructible personnalité.

Cette permanence berbère, patrimoine de l'humanité, recèle des possibilités d'échanges et d'études. L'étude du passé berbère donne une vision plus compréhensible, une notion plus large des origines et de la spécificité berbères. Vision aujourd'hui possible par les recherches et les découvertes récentes.

Il y a un siècle, au stade des archéologues et à plus forte raison d'un profane, les connaissances de l'humanité n'allaient guère au-delà de l'Antiquité grecque et romaine, tout au plus de l'Ancien Testament; l'ensemble se détachant sur un arrière-plan ténébreux de vestiges inexplorés en Égypte, en Assyrie en Chaldée et ailleurs...

L'Antiquité classique, l'interprétation traditionnelle de l'histoire de l'ancien monde n'étaient qu'une longue suite de guerres et de révolutions politiques. Dans cette fresque gigantesque, la grande aventure de tous les peuples n'avait pas sa place - celle des Berbères en particulier, qui à travers de terribles et multiples épreuves par une ascension obstinée, ininterrompue depuis l'âge des cavernes reste un passé vivant pour forger l'avenir.

 

Le dialogue est ouvert entre les Berbères eux-mêmes, ceux qui ont oublié leur naissance ou qui l'ignorent, et les autres...

 

 

Avertissement

 

« As-tu remarqué que les hommes n'ont d'idées arrêtées que sur les choses auxquelles ils n'ont jamais réfléchi? »H. FAUCONNIER

 

Cette histoire des Berbères, abrégée, se veut correctrice des écrits de nos historiens, sociologues.., sur les Berbères et corrective des jugements vitriolés portés sur eux par ces mêmes auteurs. Pour suivre le fil de notre citation, nous avons consacré notre première partie à l'histoire des Berbères comparée à celle de France en particulier et celle d'Europe en général. Notamment lorsque s'impose la nécessité d'une telle comparaison que l'histoire néglige.

Ainsi, au moment où les Berbères avaient des royaumes, la France ou d'autres pays d'Europe étaient inexistants. Il est tendancieux d'affirmer le contraire. Si les écrivains cités sont plus souvent français, c'est notre choix. Nous avons tenu à nous limiter à l'expression du dernier occupant de la Berbérie, territorialement et institutionnellement : la France.

Bien qu'il en est une autre qui depuis le VIIIe siècle, telle une tumeur kystique, imprègne le mental berbère. Comme la fable des animaux malades de la peste, il y a la fable des Berbères malades de l'arabisme.

Tant que cette tumeur persistera, la Berbérie subira des déchirures sanglantes qui en feront la proie d'aventuriers, multinationaux et multiculturels en parfaite conjugalité d'intérêts. (Ndlr : ce qui se passe aujourd’hui en Tunisie, Egypte, Libye)

Une colonisation psychique, subtile, perfide, tenace, est plus dangereuse qu'une colonisation manu militari.

Rendons nous à l'évidence :

-Kadhafi, l'impétueux chef d'une Libye authentiquement berbère, a laissé passer le vent de l'histoire. Oubliant les libyens, les dynasties pharaoniques d'Égypte, Sesac dans la Bible, la famille des Septime Sévère, empereurs de Rome, ses tribus originelles Maxitani, Mazyes, Maces, Mashaouash... authentiques Imazighen (Hommes libres) avec leur langue Tamazight (La Noble), il a choisi les envahisseurs de son pays : les Beni Soleim - qu'Ibn Khaldoun a comparé à une «invasion de sauterelles » - de surcroît opposants au Prophète.

 

- Les Tunisiens s'identifient aux enfants de Baal, dieu des Phéniciens. Férus de leur phénicité, ils ignorent les vraies origines du Phénicien venu d'ailleurs que du Liban actuel. Baal (Bel) était un dieu babylonien, cananéen, israélien d'aujourd'hui. C'est pourquoi ballottés, leur âme plane sur un tapis volant entre Mardouk et Mylitta. Le nom de leur capitale, Tunes/ Tounés, mot libyco-berbère (l'endroit où l'on passe la nuit), cité quatre siècles av. J.-C. par les historiens figure sur la célèbre Table de Peutinger (nom de l'antiquaire allemand) au xve siècle.

Son étymologie, du thème verbal berbère « ens » a donné dans le dialecte ahaggar Ténésé (pl. Tinés) qui signifie « être couché, s'arrêter pour la nuit ». La toponymie de Tunis s'explique par son lieu géographique : carrefour de la grande voie littorale des migrations humaines de la Berbérie atlantique à la Mer rouge, vice et versa, croisement des grandes routes qui rejoignaient les emporias (comptoirs commerciaux) sous Carthage, les oppidums et évêchés sous Rome, Tunis était donc une étape, un bivouac de nuit, d'où son nom. Ce toponyme se retrouve sur toute l'ancienne Berbérie, ainsi en Algérie Tunisca (La Calle) et Cartennas (évêché de Ténés).

- Les Algériens ont leur «pouf » sur ou entre trois chaises, la berbéritude, l'arabitude et la francitude.

On est revenu au banditisme sous Rome, sous Byzance et à l'époque des Deys d'Alger... Ben Bella, le novateur, Boumedienne, l'intransparent, Chadly, le tripoté, ont restauré ces époques sous le vocable Trabendo. L'autogestion benbelliste, plutôt « auto congestion narco-socialo-scientifico », que marxisme scientifique que prônaient aussi les schizophrènes Sékou-Touré et Modibo-Keita (qui le sont devenus). Leurs artisans, leurs assises et soutiens se trouvaient en

France, en Belgique, en Allemagne... Les poubelles d'Occident se bousculaient au portillon d'Alger, de Bamako, de Conakry. Alger la Blanche devenait Alger la maison close dans toute son imagerie. C'est ainsi que le, Potager islamique a trouvé son engrais. Une jeunesse désœuvrée, désillusionnée, désemparée devant les seuls idéaux qu'on leur montrait : la corruption, la magouille, le trabendo. La jeunesse courageuse y a trouvé refuge, voire exutoire à sa pureté.

La répression zéroualiste n'est qu'une pétarade dans le seroual algérien. Aujourd'hui, les anciens leaders de l'oppression, du parti et syndicat uniques, ceux qui avaient les pouvoirs absolus et en vivaient luxueusement: politique, économique, information, éducation, ont troqué leur costume Mao pour un costume bourgeois, démocrate, bien nantis dans les capitales européennes avec l'argent pillé au peuple algérien. Et à chaque nouvelle tragédie algérienne, nos médias nous les exhibent dans leur nouveau manteau, en éminents politologues démocrates, acharnés contre la verrue algérienne leur progéniture. « Courbe la tête Sicambre, adore ce que tu as brillé, brille ce que tu as adoré. » Saint Rémi ressuscité.

De l'Algérie où l'on ne trouve plus sa richesse agricole, de son passé, qu'en disaient les historiens? Pline écrivait que la nature a fait de l'Afrique l'empire de Cérés et que les moissons qu'elle donne suffirait à sa réputation.

Polybe parla avec admiration des campagnes africaines. Rome tirait de l'Afrique les grains nécessaires aux subsistances nationales. Et certains faits rapportés par les anciens attestent la fertilité remarquable de l'Algérie.

Strabon raconte qu'un procurateur de Byzacium envoya à l'empereur Auguste une touffe composée de quatre cents épis, tous sortis du même grain.

Le premier préfet d'Alger, M. Lacroix, avait vu à Alger en 1849 un faisceau de cent quatre-vingts tiges issues du même grain. Ce faisceau figura à l'exposition de Paris, cette année-là.

Dans un rapport de la société d'horticulture de 1858, ces lignes significatives « A l'exposition universelle de 1885, les grains de provenance algérienne ont été classés au 3e rang relativement à ceux de l'univers entier et la prééminence n'a été donné à ceux des deux autres origines que pour des nuances fort peu tranchées. Il résulte de là que le jury de cette exposition leur reconnaissait un mérite assez élevé pour approcher de la perfection absolue, » (Voyage du président Millerand dans le Nord africain, Hachette 1922)

- L'ancienne Mauritanie Tingitane et une partie Césarienne tombées depuis 1550 entre les mains des Chérifs ont aujourd'hui un « Commandeur des Croyants » qui fait une salade composée de Berbères immémoriaux, de résidus de hordes hilaliennes cousins des Beni Soleim et d'une progéniture prétendue issue du Prophète dotée d'un pouvoir absolu et d'un territoire où ses domaines et ses palais royaux foisonnent.

Malgré la constitution de son royaume, le Commandeur actuel, reniant la berbéritude marocaine, affirme que ses sujets berbères, d'origine yéménite, ont envahi son pays. Si l'ont prend ses propos à la lettre, on pourrait lui rétorquer que ces Berbères seraient alors les premiers et authentiques compagnons du Prophète.

A ces principaux territoires s'ajoutent d'autres régions, d'autres populations : la Mauritanie (République islamique de l'Afrique Occidentale), le Niger, les Canaries, les Peuhls - les Coptes monachistes d'Égypte et les Touareg - authentiques Imazighen (hommes libres) - massacrés en permanence de la Mer Rouge à l'Atlantique. Ces Touaregs sont des archives de la langue et de l'écriture berbères. Il y a des noyaux berbères jusqu'au Zaïre et chez les Zoulous.

Quelle psychochirurgie appliquer à ces Berbères amnésiques? Sûrement pas la violence, mais le recours à la méthode de l'éducation idéale de Rabelais donnée au chapitre XXIII de Gargantua « Condamnant la vicieuse manière de vivre de Gargantua, Ponocrates fait appel à un médecin pour le remettre en meilleure voie. Le médecin le purgea canoniquement avec ellébore d'Anticyre et par ce médicament lui nettoya toute l'altération et perverse habitude du cerveau. Par ce moyen aussi Ponocrates lui fit oublier tout ce qu'il avait appris sous ses antiques précepteurs. »

 

Chapitre premier

 

L'HUMILITÉ HUMAINE

DE LA NON IDENTITÉ A LA NON VIE DES BERBÈRES

 

« On peut tout faire avec des baïonnettes excepté de s'asseoir dessus. » BISMARK

 

Pastichant ce mot historique, nous pourrions écrire : « On peut tout faire avec l'Histoire, excepté de s'asseoir dessus ».

 

« Nos ancêtres les Gaulois » le devinrent des millions d'années après les lémuriens et les singes. J'ai rencontré les premiers  à Madagascar, les seconds bien sûr en Afrique, mais aussi un peu partout dans le monde au climat chaud. Les Gaulois ne présentaient qu'un groupe de notre multitude humaine. Mais ces Gaulois de mes livres scolaires, « ancêtres des noirs, des jaunes, des blancs », je les aimais bien, je les aime encore. Sans comparaison avec les Romains d'hier auxquels je voue plus d'antipathie que de sympathie.

 

Les Berbères et les Gaulois souvent alliés, se prêtaient combattants et chefs contre leurs ennemis communs qui étaient Romains, Wisigoths, Ostrogoths, Sarmates, Suèves, Alains, Vandales, Francs. Après la conquête de la Gaule, César écrit qu'il avait dans son armée six mille fantassins et trois mille cavaliers gaulois. En Afrique, contre Pompée, il disposait de mille six cents cavaliers gaulois et germains et de huit mille cavaliers numides (berbères) montés sans brides.

 

Je n'ai jamais admis, encore moins compris, pourquoi tant d'historiens, d'académiciens, de sociologues et de pédants se donnant et en donnant aux autres l'ancestralité gauloise, se prévalaient d'un héritage romain et de sa civilisation surfaite alors que leurs ancêtres les Gaulois restaient dans l'oubli ou l'ignorance, hormis les sobriquets qui les ridiculisaient. Rome était l'intruse, l'envahisseur de la péninsule italienne. Il lui fallut plus d'un demi-siècle de génocides pour se faire reconnaître par les Samnites, les Latins et les Étrusques qui défendaient l'indépendance de leur pays : l'Italie. Cette guerre du Samnium s'est déroulée en trois périodes de 343 à 290 av. J-C.

 

Les Français fous de Rome connaissent-ils les massacres romains à Genabum, l'Orléans d'aujourd'hui, savent-ils comment César a traité le valeureux Vercingétorix, qui pour sauver ses Arvernois (l'Auvergne actuelle) du massacre a choisi sa capture plutôt que la fuite et la liberté. Il savait ce qui l'attendait. Après six ans de captivité dans le sinistre Tullianum (un trou recouvert d'une voûte plate), César le montra dans son Triomphe enchaîné à son char, subissant tout le long du Triomphe les crachats, les injures, la vindicte vulgaire de la foule en délire. Il le fit ensuite étrangler dans le Tullianum, remonter et traîner son cadavre avec des crocs jusqu'aux « Degrés Gémonies » où il resta exposé face au forum en offrande aux jouissances morbides de Rome.

 

Jugurtha roi des Berbères (119-106 av. J.-C.) subit le même sort un demi-siècle avant.

 

Comment peut-on se prévaloir d'une civilisation friande de martyrs chrétiens, donnés en pâtures aux bêtes fauves, elles-mêmes s'entre-dévorant par plus d'un millier en une seule journée! Comment accepter en réjouissances ces jeux funéraires (funera) où, en commémoration des vertus de ses morts, une famille noble immolait dans les arènes des couples d'innocents! Comment supporter la vue de ces rétiaires, gladiateurs gaulois vendus par des lanistes, un trident à la main gauche, un filet dans l'autre pour capter le mirmillon, autre Gaulois, le renverser à terre et l'égorger! Durant la poursuite, le rétiaire criait : « Ce n'est pas à toi que j'en veux Gaulois, c'est à ton poisson ». Le mirmillon portait un casque surmonté d'un poisson de mer. Les cannibales d'Amazonie, d'Afrique et d'ailleurs, si vertueusement décriés, nous paraissent loin, bien loin derrière la sauvagerie de Rome la civilisée.

 

I. UN REVUE D'HISTOIRE EN REVUE DE PRESSE

 

« Rien ne peut être aimé ou haï, si l'on n'en a d'abord la connaissance » Léonard de VINCI

 

 

À suivre dans la fiche de lecture n°2…

 

 

 

 

« Le Berbère lumière de l’Occident. »

 de l’Abbè Vincent Sarralda et André Huard

 

AU BERBÈRE DE TOUJOURS

 

Trop souvent ignoré, méconnu plus encore,

Stable à travers l'instable, indépendant et fier,

Héritier d'un passé que le prestige honore,

Tu gardes aujourd'hui le feu sacré d'hier.

 

Dans « l'île du Maghreb » soumise à l'influence,

Parfois même au destin, d'un pays étranger,

Insulaire africain, tu vis la permanence

En ton âme et ton corps, que rien ne peut changer.

Natif des Hauts Plateaux, Kabyle ou bien Numide,

Ce qui vient du dehors, ce n'est qu'un vêtement,

Tu le revêts contraint par la force stupide,

Mais ton cœur bat plus fort sous un déguisement.

 

Sédentaire ou nomade, une même patrie

Anime en toi l'ardeur d'un invincible amour,

Lorsque des conquérants, à tes yeux, l'ont meurtrie,

Ton bras, pour ton honneur, les combat tour à tour

Allié du Romain, tu chasses le Punique,

Tu luttes contre Rome et le Vandale arien,

Au siècle de Byzance, une révolte épique,

Puis seul, face à l'Arabe, et sans aucun soutien.

 

Tes noms sont glorieux au cours de ton histoire,

Syphax. Masinissa qui fut ton plus grand roi,

Mais bientôt va s'écrire un chapitre de gloire

Le Berbère chrétien, le rocher de la foi.

Pour te peindre d'un trait on peut dire qu'en somme,

Pareil à ton soleil, ton rayon est ardent,

C'est un astre nouveau, celui des droits de l'homme.

Qui monte, grâce à toi, dans le ciel d'Occident.

 

Tertullien, Victor, puis l'Église souffrante,

L'évêque Cyprien, prestigieux martyr,

Enfin saint Augustin, la flamme triomphante,

Le sublime flambeau, splendeur de l'avenir.

Ton sang, noble ciment de l'Église africaine

- Ce précieux fleuron de notre chrétienté -

Répandu par amour, en réponse à la haine,

Conserve, sous l'Islam, encor sa pureté.

 

Avec la Kâhena tu rejoins la légende.

Te suivre maintenant, ce n'est pas mon propos,

La chaîne est un lien que ton cœur appréhende,

Hors de la liberté, tu n'as point de repos.

 

André Huard

 

 

AVANT-PROPOS

 

On ignore tout, ou à peu près, de l'existence du Berbère. Pour beaucoup c'est un « Arabe » et l'histoire de l'Afrique du Nord commence avec l'installation des populations européennes dans ce pays, au cours du 19ème siècle. Nombreux sont ceux qui d'ailleurs pensent que le catholicisme a fait son entrée, dans cette partie du monde musulman, avec les premiers colons, au lendemain de 1830. Pourtant, qui ne connaît pas, même mal, saint Augustin ? Évidemment, mais on le croit souvent venu, on ne sait trop d'où, résider à Hippone.

On a bien, en général, quelques vagues notions concernant la présence romaine en Afrique, l'occupation vandale, la conquête arabe. En fouillant plus avant dans le passé, notre mémoire nous restitue de lointains souvenirs des guerres puniques : Carthage, Hannibal, Scipion l'Africain, mais que savons-nous des royaumes berbères ? La connaissance de l'histoire de la Berbérie appartient à un très petit nombre de personnes et le Berbère, toujours présent dans notre monde actuel, demeure un inconnu. Il faut aussi que le Berbère d'aujourd'hui qui connaît ses ancêtres, sache et prenne pleinement conscience que par eux, après avoir emprunté des dieux à l'Égypte, à Carthage et à Rome, il s'avança dans le christianisme naissant, sans y être contraint, il versa généreusement son sang pour demeurer chrétien, et comptera toujours parmi ces mêmes ancêtres les plus purs joyaux de l'Église d'Afrique, qui fut l'un des fleurons de l'Occident.

 

Nous avons donc tenté de projeter sur une toile de fond historique qui, sans entrer dans les détails, retrace les principaux événements, depuis les origines jusqu'à la conquête arabe, la fière silhouette du Berbère. Cette silhouette prend, au cours des siècles, la forme la mieux adaptée à son époque : Masinissa, le plus grand sans doute des « aguellids » ; Victor 1, qui pendant dix années occupe le trône de saint Pierre, alors que l'Afrique chrétienne vient à peine d'entrer dans l'histoire, Tertullien, lumière de l'occident, saint Cyprien, le premier évêque d'Afrique à verser son sang pour l'È1iè de Jésus-Christ, enfin, le plus prestigieux de tous, saint Augustin.

Comme si ces quelques noms ne suffisaient pas à faire rayonner la clarté du flambeau berbère, d'autres encore nous sont offerts, deux papes, des évêques, des écrivains, des martyrs et des saints de tous âges et de toutes conditions. Autour d'eux de visages demeurés anonymes, mais qui ne font pas moins partie de ce peuple dont l'originalité assure une unité à l'histoire de la Berbérie.

 

A travers tant de civilisations successives le Berbère, traditionaliste dans l'âme, passe en demeurant identique lui-même.

Nous situerons donc rapidement la Berbérie, pour mieux comprendre le peuple berbère, dont nous ferons la connaissance d'une manière générale, puis nous consulterons l'histoire pour brosser un tableau des origines à la chute de Carthage (146 av.J.-C.), qui marque le début de l'occupation romaine en Afrique.

 

Avant de continuer notre route, nous nous arrêterons pour parler de la naissance de l'Église d'Afrique et, pour mieux la suivre pendant cinq siècles, nous interrogeront l'avenir afin de dégager les traits particuliers à son visage.

Alors, nous pourrons reprendre notre marche dans le temps qui sera jalonnée par cinq grandes périodes :

- La Berbérie devient romaine (146 av. J.-C. - 42 ap. J.-C.)

- La Berbérie dans la prospérité romaine (42-244)

- La puissance romaine se désagrège (244-429)

- Les Vandales en Berbérie (429-533)

- La Berbérie byzantine (533-647)

 

Nous citerons simplement au passage les principaux faits relatifs à l'Église d'Afrique et le nom des grandes figures berbères qui s'y rattachent, pour les reprendre d'une manière plus détaillée à la fin de chacune des périodes concernées.

L'histoire de la Berbérie ne peut en effet se concevoir sans celle d'une Église qui lui est intimement liée, car ses pierres d'angles sont berbères, comme le sang de ses martyrs qui fut le ciment de ce magnifique édifice.

 

A suivre dans la fiche de lecture n°2…

 

 

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