Cours d’anthropologie

Publié le par lieutenantrahmani

UNIVERSITÉ de l’IGNORANCE

Cours d’anthropologie

14 septembre 2011

N°1

 

"INTERPRETATIONS POLITIQUES ET SOCIALES

PAR L'APPROCHE SYMBOLIQUE"

Abdelkader Rahmani - Mars 1979

 

"L'ignorance engendre l’oubli.

L’oubli engendre sectarisme et racisme. » F.S

 

I Buts

 

a. Une nouvelle Philosophie de l'Histoire

 

Qu'est-ce que la philosophie de l'Histoire?

C'est tirer des enseignements des expériences humaines que l'Histoire nous fait connaître.

 

A la lumière de la pensée symbolique, nous découvrons un "nouveau champ de travail" qui dépasse l'étude des phénomènes socio-économiques et s'étend à l'ensemble des moteurs de l'activité humaine. Ce nouvel état d'esprit, exempt de tout immobilisme, regarde à la fois le passé et le présent, et permet de saisir les causes profondes de l'orientation du devenir humain. Cette philosophie de l'histoire nous amène à une meilleure compréhension des phénomènes actuels tels que l'affaire sino-vietnamienne, les événements qui bouleversent l'Iran, ou encore le massacre de Guyana ... et évite la surprise des médias face au déroulement de l'actualité. En effet, sans tomber dans le jeu de la futurologie, l'étude dynamique des faits historiques passés et présents peut nous conduire à prévoir les grandes options du futur.

 

b. Etude comparée des civilisations et des ethnies. Recherche d'une nouvelle source d'énergie intellectuelle.

 

L'étude comparée des civilisations et des ethnies a conduit à la découverte d'une Tradition Universelle. Ou bien la Connaissance est "une vieille chose endormie" ou bien nous y voyons l’arsenal dont nous avons besoin, intellectuellement parlant, pour assurer notre futur.

 

Le futur ne peut se concevoir que par une synthèse obligatoire entre Tradition et Eveil.

 

II  LES SYMBOLES ET L'AME VITALE DE L'HISTOIRE

 

On constate tout au long de l’histoire une similitude des structures symboliques adoptées par différentes religions. Reprenant les théories de Jung sur l'inconscient collectif et celles de Mircea Eliade sur les cycles historiques, nous expliquons cette similitude par la survivance d'une tradition primordiale exprimée sous différents aspects.

 

Ainsi, le mythe, transmis de civilisation en civilisation, constitue le moteur des formes mouvantes de qui, elle, ne se répète jamais. La sociologie considère le mythe comme une explication du monde, proche de la religion et exprimant une structure de société (Lévi-Strauss).

 

La psychologie, de son c6té, y voit une projection par l'inconscient collectif de certains schémas génériques d'appréhension de l'homme et de l'univers (Jung).

 

Mais n'oublions pas l'origine grecque du mot: "mythos" ou "parole qui dit la vérité". Il s'agit donc d'un langage indirect, d'un code dissimulant d'authentiques vérités physiques, psychiques et morales et non pas d'une fantaisie. Tenant compte de la valeur de la transmission orale dans les sociétés traditionnelles,-le chercheur qui veut aller plus loin que les limites imposées par la voie écrite, doit s'adapter aux langages symboliques des peuples.

 

Pas de mode d'emploi pour fabriquer un tapis persan, mais une harmonie de formes et de couleurs transmise par des chants. En effet, l'historien ne doit pas seulement sur les poids et mesures des documents trouvés mais aussi sur leurs fonctions dans la vie quotidienne des peuples.

 

Il est essentiel de discerner derrière les contes, mythologies ou légendes la vérité qu'ils cachent. N'oublions pas l'exemple de Schliemann et de sa découverte de Troie. Se pencher sur le passé avec un esprit dégagé des préjugés scientistes, permet de réanimer les objets, de faire parler les pierres, de plonger dans un univers qui devient alors compréhensible parce que vivant. Ainsi, un courant sans discontinuité, entre le passé et le présent, car l'âme du passé reste en éveil à travers les nouvelles formes dans lesquelles elle se moule.

 

III CONSÉQUENCES: UN CHOIX ENTRE CIVILISATION ET BARBARIE

 

Aujourd'hui, l'ordre politique et social est mondialement bouleversé. L'homme, affolé sous le tir croisé de messages et d'informations contradictoires, déraciné, sombre dans une angoissante solitude qui frustre l'individu, surprenant par son agressivité aussi bien les sociologues que les voyageurs du métro.

 

Face à cette confusion, deux options (qui peuvent être simultanées) se présentent à l'esprit:

 

a. régression de société

b. évolution de société.

 

a. régression de société

Quand il y a régression, le symbole devient une fin en soi et perd ses fonctions d'intermédiaire. La tradition ne transmet plus. Le symbole, privé de sa dimension métaphysique, donc de son sens premier, devient incompréhensible aux autres sociétés. Alors apparaissent toutes les formes de confusion de l'esprit et des sens, qui peuvent dégénérer en guerre et massacre. (NDLR : le présent que nous subissons est en guerre, en massacres, en barbarie : Israël, Afghanistan, Irak, Syrie, Libye…)

 

b. Evolution de société

Sur les plans spirituel, social et politique, l'évolution de l'humanité a aussi été jalonnée et guidée par les symboles. Ferments de l'humanité, ils ont poussé l'homme toujours plus en avant dans la perspective de son devenir universel. Cet universel vers lequel nous tendons de plus en plus dans notre mode actuel se manifeste non sans la volonté de préserver son particularisme contre la banalité de l'uniformité. (NDLR : La banalité de l’uniformité nous crève les yeux : Le jean sale et rapiécé porté par les hommes, les femmes et les enfants de Lille à Marseille et les femmes qui s’habillent comme les hommes à l’exemple de la présidente allemande. Si encore ça les rendait belles…)

 

Nous sommes convaincus que l'originalité de chaque civilisation ne contredit pas une recherche universelle. Une étude comparée des traditions et une clé d'interprétation des symboles universels est indispensable à inclure dans le programme éducatif de la jeunesse.

 

C'est donc à l'homme d'assumer son rôle dans la société face à la régression, à la civilisation ou à la barbarie.

 

IV MOYENS

A travers des conférences, des tables rondes, des commissions d'étude, des publications, des participations des différents groupes culturels, enfin des activités ouvertes à tout public, et tout en soulignant les problèmes aux organismes concernés, l’anthropologue se propose de contribuer à cette œuvre universelle qui n'est pas seulement celle d'une commission mais le devoir de tout individu.

 

« L'ignorance engendre l'oubli.

L'oubli engendre sectarisme et racisme. »

 

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